Léonce LEBRUN

| Le temps de la réflexion |
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1987 - Lyon, troisième ville de France, n'a plus de structure associative, le R.T.C. ayant disparu depuis longtemps.Avec la perspective prochaine du 140éme anniversaire de l'abolition de l'esclavage en Caraïbe, LEBRUN, avec quelques anciens caraïbéens, tente de constituer un axe d'organisation pour accompagner l'événement. Mais, il y renonce, en raison même d'un manque significatif de moyens juridiques et logistiques. 1988 - Année du 140éme anniversaire précité, mais aussi du massacre d'Houvéa Canaky 4 mai, qu'il faut rapprocher des assassinats de Pointe à Pitre en 1967 , à méditer. Dans ce contexte Léonce ne demande pas la médaille du travail qu'il juge désuète, et dont l'acceptation même de l'idée lui paraît contraire au respect dû à la mémoire de ses ancêtres martyrs, l'homme n'assistera pas aux festivités professionnelles. 1989 - Bien que les accords de Matignon, approuvés par le vote référendaire d'octobre 1988, lui aient donné très partiellement satisfaction, l'homme décline l'exercice d'une fonction officielle par honnêteté intellectuelle et ses affinités avec les aspirations de la communauté canaque. Car pour lui, le droit des peuples de disposer d'eux-mêmes n'a jamais été une clause de style. 1990 - A une époque, où les anciens pensent avoir tout donné ou déjà donné, alors même que les jeunes n'ont rien à donner, malgré les réserves de ses proches, qui, à tort ou à raison, lui font observer qu'il ne disposera plus du soutien des personnes loyales et dévouées d'antan. L'homme, sollicité, fonde à dessein l'association Amitié Solidarité Caraïbe Guyane . A.S.C.G.. Car il n'a pas le temps de juger, il agit, étant un contemporain de l'Histoire, mais non un objet de l'histoire des contemporains, il doit trouver des solutions aux situations difficiles que rencontrent ses compatriotes, alors en... 1991 - Lebrun lance l'idée d'assises nationales des associations d'outre-mer en France, et rédige Une évocation de l'Histoire. Un formidable pari fondé sur le fait dit-on que notre émigration représente au moins un million d'âmes dans ce pays, et qu'il se trouvera, au moins mille personnes soit , 0,001%°, pour assumer les hautes responsabilités associatives, dans un monde à l'avenir de plus en plus incertain. Pour gagner ce qu'il est convenu de désigner par la bataille de / L'identité culturelle et la Solidarité
Nous ne pouvons cultiver aucune forme de solidarité collective, si nous n'intégrons pas à titre individuel, et intellectuellement, notre négritude, répète inlassablement Léonce qui a bâti son parcours autour de trois axes incontournables, sans souci de carrière, ou de plaire / -Le souvenir de ses ancêtres, les esclaves nègres d'hier, -La dignité de sa race, le nègre, -Le respect de son peuple... caraïbéen. Et maintenant... il faut gagner… Car, par delà les questions idéologiques et philosophiques ou politiques qui doivent demeurer à leur juste place, il s'agit de savoir si la communauté émigrée est capable de saisir cette opportunité unique et historique pour assumer. Si oui, les assises des 10, 11 et 12 Juin 1993 constitueront un grand succès pour notre avenir.Dans le cas contraire, on aura raté et pour longtemps une occasion de ne pas vivre à titre collectif, une émigration Idiote. |




