Le lundi 17 Juin 1940, le Maréchal Pétain avait remplacé Paul Reynaud à la tête du Gouvernement Français et aussitôt, dans la nuit, demandé l’armistice. Ce jour là, nombreux étaient les Lyonnais qui fuyaient par milliers vers les Alpes, l’Ardèche et en général la direction du sud, rejoignant ainsi les réfugiés du nord qui depuis une semaine traversaient Lyon. Dans la nuit du 17 au 18, Edouard Herriot, Maire de Lyon qui, en sa qualité de Président de l’Assemblée Nationale, était à Bordeaux où il avait dû suivre le gouvernement avait reçu un message du Préfet du Rhône rédigé à peu près dans ces termes... ...Les allemands approchent, on va défendre Lyon, donc le faire bombarder, on doit détruire 31 ponts, ce qui privera les habitants d’eau, de gaz et d’électricité et divisera la ville en trois parties sans communications entre elles , il faut que Lyon soit déclarée , ville ouverte agissez au mieux . Le Président Herriot accompagné de Monsieur Friol, son fidèle directeur de Cabinet, déambule dans les rues de Bordeaux à la recherche du Ministère de la Guerre replié où il ne trouvera personne pour le renseigner. Ce n’est que très tard dans la nuit qu’il connaîtra l’adresse du Maréchal Pétain et demandera à le rencontrer aussitôt. Il était deux heures du matin. Devant l’insistance du Président Herriot, le Maréchal Pétain consent à le recevoir dans sa chambre. Le Général Bineau, Chef de cabinet militaire prendra part à l’entretien. Faut-il, dit Herriot, laisser bombarder Lyon, alors que le Gouvernement militaire n’a rien pour défendre la ville. Le Maréchal Pétain qui attend d’heure en heure la réponse des allemands à sa demande d’armistice, juge inutile de poursuivre le combat et décide que le Gouverneur Militaire de Lyon, le Général Hartung... ...Devra avoir la même conduite que le Gouverneur Militaire de Paris, le Général Dentz et que Lyon devra être déclarée Ville Ouverte. Herriot ayant rempli sa mission se retire vers 3 heures du matin et informe aussitôt de cette décision Monsieur Bollaert, Préfet du Rhône. Parallèlement, le Général Bineau, Chef du Cabinet Militaire de Pétain, informe le Commandement Militaire de cette décision en indiquant qu’il fallait évacuer les troupes françaises et bloquer le dispositif de destruction des ponts. Cependant, le mardi matin 18 Juin, la D.C.A. Française qui n’a reçu aucun ordre, commence à tirer sur les avions de reconnaissance ennemis, l’indécision continue. D’autre part, l’armée des Alpes qui a contenu jusque là les troupes italiennes, redoute une irruption de l’armée allemande sur ses arrières, ce qui explique le flottement et les hésitations. Finalement, c’est le Général Weygand lui-même, qui donnera les ordres nécessaires afin que Lyon soit déclarée ville ouverte. Ce n’est qu’au début de l’après-midi du 18 Juin que la décision sera officielle ,restée dans l’ignorance de ces tractations, la population apprend seulement le mercredi 19 au matin, par la radio et la presse cette mesure en même temps que la rumeur publique signale l’entrée des troupes allemandes dans le département du Rhône. Ce matin du 19 Juin, Lyon avait brusquement changé. Si les journées des 17 et 18 avaient été celles de l’affolement, de la précipitation et de la fuite vers les campagnes, le 19 la ville sombre dans une torpeur inhabituelle. La gare de Perrache a arrêté tout trafic, les écoles sont fermées, plus de roulements de voitures. L’écrivain Fabre Luce rapporte ce témoignage... ... quel silence, un Lyonnais qui n’a jamais entendu de sa maison que le bruit des autres perçoit maintenant celui de l’écoulement du Rhône et, si ce n’était cette fumée noire qui recouvre la ville, poussée par le vent du sud... ...en provenance des réservoirs d’essence des ports Rambaud et Edouard Herriot, après leur destruction volontaire, chacun de nous pourrait dire quelle belle journée... Et pourtant, l’horreur et le drame allaient apparaître très vite au début de cette journée, non pas à Lyon, mais à 15 kilomètres au nord, dans la région de Chasselay-Lissieu et plus à l’ouest... ... Le long de la nationale 7, à partir des Tarare Pontcharra jusqu’à L’Arbresle Lentilly et enfin près de Lyon, à Champagne-au-Mont-d’Or et Lyon, montée de Balmont à La Duchère.
Le Tata sénégalais , photo Dossier établi avec la collaboration du CAARRA* * Collectif des Associations Africaines de la Région Rhône-Alpes.
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