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Juin 1940 , Lyonnais souvenez-vous PDF Imprimer Envoyer

 

 Depuis le 8 Juin 1940, sous la poussée allemande, le front à Sedan a craqué et la ruée nazie déferle.

 La France abasourdie s’expliquant mal sa défaite, crie à la trahison, les populations du nord fuient et meurent sur les routes, mitraillée par les avions allemands et depuis quelques jours par l’aviation italienne de Mussolini, dernière mouche du coche à la curée.

L’armée, quoiqu’on en ait dit, et singulièrement la Coloniale s’efforce de faire front et de contenir l’avance ennemie, sur la Seine, sur la Loire.

 Si elle ne veut pas être prisonnière elle doit, après les durs combats de la journée, décrocher nuit après nuit et se battre à nouveau à l’aube.

Cependant que sur les flancs les divisions blindées déferlent à l’Ouest et à l’Est, glissent vers cette verte vallée rhodanienne, voie des invasions de tous les siècles. Depuis Troyes elles n’ont rencontré aucune résistance et s’apprêtent, triomphantes, à entrer à Lyon.

Les journées des 19 et 20 Juin, seront les dernières batailles avant celles des Alpes où l’armée dégarnie va devoir faire face avec seulement trois divisions à une armée italienne d’une trentaine de divisions.

Le Général Orly, Commandant cette armée des Alpes, n’aura que 185.000 hommes à opposer aux 500.000 Italiens en première ligne.

Il doit non seulement contenir ces dernières jusqu’à la signature de l’armistice demandé dès le 17 Juin, mais également préserver son flanc nord et ses arrières, gravement menacés par l’avance allemande en direction de Lyon et la région Rhône-Alpes.

 Lyon vient d’être déclarée ville ouverte et de ce fait, les points intacts du Rhône et de la Saône seront une aubaine pour l’assaillant.

Cependant, l’armistice n’étant pas signé, le Commandement militaire a décidé de retarder le plus possible l’avance ennemis, le Général Orly a pris des dispositions pour tenir les quelques jours nécessaires avec de faibles moyens , sur le Rhône, sur l’Isère et en avant de Lyon depuis la Saône, jusqu’à Tarare.

Le Général de Mesmay met en place une fragile ligne de défense , St-Germain-au-Mont-d’Or, Chasselay, Montluzin, Les Chères, Marcilly, Lozanne protégeant la Nationale 6 Lentilly, Fleurieux sur l’Arbresle, Eveux, L’Arbresle, Bully, les Olmes, Pontcharra-sur-Turdine, Tarare protégeant la Nationale 7.

Deux principaux points d’appui sont constitués ainsi  la Brevenne avec le 2e Bataillon du 25e régiment de Tirailleurs Sénégalais et de Civrieu-d’Azergues à la Saône avec le 1er bataillon du 25e R.T.S. et la 253e batterie du 405e D.C.A. composée de canons de 75.

 En avant quelques éléments de dépôts d’infanterie (38e R.I. 131e R.I./32e Compagnie de St-Etienne, 36e Cie du Dépôt d’infanterie 142.

 Quant aux troupes adverses, elles arrivèrent par deux voies essentielles pour notre région, la Nationale 6 et la Nationale 7 , Pour la Nationale 6, comme nous l’avons vu, il s’agit du régiment Gross Deutchland qui pénétra dans notre département en suivant d’une part la Nationale 6 et la rive gauche de la Saône.

La division S.S. Totemkopf forte de 20.000 hommes arriva par la Nationale 7 et occupa Tarare le 19 après-midi et alla envahir Les Olmes, Bully, L’Arbresle, Eveux, Fleurieux-sur-L’Arbresle, Lentilly.

Précisons que Totemkopf signifie tête de mort une des unités S.S. dont le recrutement s’effectuait parmi les éléments les plus typiques de la race aryenne, commandée par le Général ,S.S. Gruppenführer Théodor Eicke...

...Homme farouche, traité de boucher par ses supérieurs dont la division, le 17 mai 1940, en Flandres, dans la région de Dunkerque a froidement assassiné à la mitrailleuse une centaine de soldats anglais du régiment de Norfolk, alors qu’ils s’étaient rendus après une héroïque résistance.

Petite histoire