Léonce LEBRUN

| Guerres d'indépendance |
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Après presque trois siècles d'exploitation économique et d'injustice politique, les colonies de l'Amérique du Sud furent emportées par un puissant mouvement révolutionnaire. Ce mouvement, dirigé par les créoles et de nature libérale, fut stimulé par la réussite de la révolte des colonies britanniques en Amérique du Nord, et par la révolution française de 1789.
Ils bénéficièrent, à partir de 1816, de l'aide discrète et efficace du Royaume-Uni, qui voyait dans l'Amérique du Sud un débouché important pour son commerce. Parmi les dirigeants marquants de cette lutte pour l'indépendance figurent les vénézuéliens Simón Bolívar et Francisco de Miranda, et l'argentin José de San Martin.
Le 14 août 1811, les Paraguayens, qui avaient rejeté l'aide de Buenos Aires, proclamèrent leur indépendance vis-à-vis de l'Espagne puis, en 1813, vis-à-vis du gouvernement provisoire. En 1814, San Martin commença à organiser une armée patriotique dans l'ouest de l'Argentine avec l'intention de libérer le Chili, puis de se diriger par mer vers le Pérou, la première citadelle espagnole de l'Amérique du Sud. Au cours de sa campagne victorieuse de 1817-1818 pour la libération du Chili, San Martin fut grandement aidé par le dirigeant révolutionnaire chilien Bernardo O'Higgins. Le 12 février 1817, San Martin vainquit l'armée espagnole à Chacabuco, et l'indépendance du Chili fut proclamée le même jour. San Martin se vit offrir la direction du nouveau gouvernement chilien, mais il refusa au profit de Bernardo O'Higgins. Après la défaite de l'armée espagnole à Maipú, le 5 avril 1818, l'indépendance chilienne se confirma. San Martin commença alors à préparer l'attaque du Pérou.
Alors que la guerre faisait rage, un congrès réuni à Angostura (aujourd'hui Ciudad Bolívar, au Venezuela) organisa l'État de la Grande-Colombie, comprenant l'audience de la Nouvelle-Grenade, l'actuel Panamá et, à leur libération, le Venezuela et le Quito (Équateur). Bolívar devint, par la suite, président et dictateur militaire. Bien que l'indépendance du Venezuela fût proclamée le 7 juillet 1811, la colonie fut prise par les royalistes. Bolívar les vainquit à Carabobo le 24 juin 1821, affirmant l'indépendance du Venezuela. Sous le commandement d'Antonio José de Sucre, un des lieutenants de Bolívar, une armée patriotique vainquit les forces royalistes le 24 mai 1822 et libéra l'Équateur.
L'indépendance du Pérou fut proclamée le 28 juillet, mais les forces royalistes contrôlaient toujours la plus grande partie du pays. Aussi, après la victoire de Pichincha, Bolívar et Sucre préparèrent une expédition militaire pour soutenir les patriotes assiégés au Pérou. Un contingent de lanciers fut défait en 1823, mais Bolívar et Sucre furent victorieux le 6 août 1824 à Junin et, le 9 décembre, Sucre remporta la victoire décisive à Ayacucho. Bien que les dernières armées royalistes ne fussent expulsées du Pérou qu'en janvier 1826, la bataille d'Ayacucho fut le dernier grand engagement dans la lutte pour la liberté contre l'Espagne. Le Pérou supérieur accéda à l'indépendance le 5 janvier 1825 et, le 25 août de la même année, fut baptisé Bolivie en l'honneur de son libérateur. Le Brésil proclama son indépendance vis-à-vis du Portugal le 12 octobre 1822, mais conserva une forme de gouvernement monarchique jusqu'en 1889, date de la fondation de la république.
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