Martinique / Guadeloupe / Réunion /Guyane. -MRG2- des économies en pleine décrépitude Dotés de structures coloniales , ces pays auraient dû être mis en mesure, par tous les moyens, de faire victorieusement face aux nécessités du monde moderne, en demeurant concurrentiels, dès lors qu'ils ont été placés : - d'abord, peu à peu, en situation d'osmose économique avec la France....ensuite, progressivement, dans une situation de concurrence mondiale accrue...
- enfin, au sein du Marché commun....
Or, il n'en a rien été. Peu à peu, leurs économies se sont étiolées. Ils ont perdu leur aptitude à répondre aux défis économiques, sous l'effet conjugué de plusieurs mécanismes : - les hausses des charges salariales ont été supérieures à celles de la productivité, et de ce que permettait la concurrence, situation qui a relativement surenchéri les produits locaux et amoindri leur compétitivité
- les progrès des transports ont facilité la pénétration des produits importés et cela d'autant plus qu'ils étaient plus compétitifs au niveau même de leurs prix de production,
l'exiguïté des marchés de ces colonies s'est de plus en plus fait sentir. Face à une telle évolution, les reconversions et les efforts de productivité qui eussent été nécessaires n'ont pratiquement pas été opérés dans ces pays Pour rendre l'agriculture compétitive, il eût fallu irriguer, mécaniser, diversifier, c'est-à-dire transformer des peuples de petits planteurs de cannes (ouvriers spécialisés) en une catégorie de petits agriculteurs polyvalents; même sur quarante années, la tâche eût été importante,et profitable. L'expérience n'a pas été véritablement tentée, en raison de son coût financier et humain, car il eût fallu accomplir une révolution des modalités de travail, des modes de pensée et, finalement, voir la population active agricole diminuée, plus vite qu'elle ne l'a fait. En France, la main-d'œuvre "libérée" du secteur primaire, a été employée dans le secteur secondaire. Dans ces pays,vers quel secteur viable, la main-d'œuvre quittant l'agriculture pouvait-elle trouver à s'employer ? Nulle part, sans avoir été au préalable, formée .Et formée à quels métiers ? Il aurait fallu organiser le développement d'un secteur secondaire qui n'eût gardé sa compétitivité qu'à condition de mécaniser, d'automatiser et de comprimer ses coûts (dont les profits notamment). Tout cela eût impliqué un effort de formation d'autant plus intense que cette formation était, en 1946, à un niveau bien plus bas qu'en France. Rien de tout cela ne se fit. La France qui s'est imposée, sous la IVème République, des efforts de formation, de recherches et de productivité, dans le cadre d'une planification assez volontariste, bien que souple, pour reconstruire ses ruines et sortir de la décadence de l'entre-deux-guerres, n'a ni pû ni voulu penser un processus de développement adapté à ces pays. Au lieu de réaliser une révolution économique et sociale dans ces colonies, faute d'y avoir pensé, faute aussi d'avoir accepté d'y mettre le prix, et de crainte des conséquences socio-politiques que cela eût pû susciter, les IVème et Vème Républiques, ont opté, à dessein et délibérément, pour la mort lente de ces économies, accompagnée de médications sociales adoucissantes et de compensations en termes d'équipements publics (routes, ports...) et de développement de prestations(tourisme par exemple),ayant peu de rapport avec le bien être des autochtones La France y a mis - beaucoup d'argent, ce qui a permis une forte hausse de certains niveaux de vie, sans guère de rapport avec le substrat économique local, suscitant une incontestable insatisfaction que l'on retrouve à l'origine de revendications politiques justifiées,en terme de dignité de responsabilité,et de souveraineté.
mais cependant trop peu et bien mal orienté, pour que les niveaux de vie rattrapent ceux de la France, suscitant, là encore, une légitime desillusion. Personne ne s'est intéressée à un authentique développement de ces pays; il suffisait d'y maintenir la paix civile, d'y entretenir, de la façon la moins onéreuse possible, des clientèles politiques, et de conserver ces pays comme territoires d'exportation pour des entreprises françaises. Cela se paye finalement - par une assez lourde addition, chaque année pour le budget de la France, ce qui, objectivement, constitue un handicap pour ce pays, dans la mesure où ces dépenses ne préparent pas l'avenir
- néanmoins par le maintien d'un niveau de vie relativement bas pour une partie importante de la population de ces pays, sans grande perspective d'amélioration, faute de structures la permettant,
et par l'exode, vers la France, de nombreux originaires de la Caraïbe, la Guyane et la Réunion. Depuis des décennies, les économies de ces territoires ne produisent plus qu'une part de plus en plus faible de ce qu'elles investissent et consomment. Autrement dit, la richesse produite à la Martinique, la Guyane, la Réunion et la Guadeloupe, en biens matériels et en services, ne représente, en valeur, qu'une fraction toujours plus faible de ce qu'utilise leur population. |