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Le point de vue de Léonce Lebrun 

 

 Le Communautarisme (suite et fin)

 

Antisémitisme, communautarisme, terrorisme

… mais pour qui sonne le glas , car avec un tel palmarès  d’ ennemis intérieurs…

…comment des politiciens soutenus par des médias affidés peuvent-il  appeler à vivre ensemble avec de telles contradictions…

…qui tout compte fait est un cri de désespoir, face à une catastrophe imminente qui conduit le pays au mur…

 

… car, las d’appeler au loup absent, le jour où il sera là, il n’y aura personne...

 

…et à bien observer on relève que parmi les 193 Nations membres de l’Organisation des Nations Unies la France  réunit pour son compte, le plus de désagréments…

 

Et avant de discourir les politiciens devraient se remémorer l’Histoire de ce pays qui réunit sur son nom de tant de « satisfécits »…

 

Patrie des droits de l’Homme, liberté égalité fraternité, hérité de la colère du peuple en 1789, autant de triomphes sociétales qui peuvent indisposer les autres Nations de la Planète sensées de ne pas avoir autant de Qualités…

 

… et nous voilà remontant cette Histoire  limitée à partir de 1870…

 

1870 en effet c’est la déroute face aux forces prussiennes qui s’en vont comme prise de guerre avec les régions de l’Alsace et la Lorraine, curieux, il n y a pas d’alliées de secours

 

1914 la jeunesse française est toute excitée, veut en découdre avec l’Allemagne, la chasse est menée contre les pacifistes, Jean Jaurès est assassiné, son assassin acquitté sa famille doit solder en totalitér lres frais de justice

 

… mais avec les Alliées, la France s’en sort en 1918, et torpille les résultats de la Conférence de  Versailles en 1919, avec ses excès en ouvrant les soupapes de revanche de la montée du National Socialisme en Allemagne…

 

…les cérémonies du centenaire  de 2019 étaient injustifiées, ne rendant compte de la réalité historique de 1914- 1918

 

…car en 1940 c’est la déferlante allemande avec les forces armées du 3è Reich qui occupent le pays jusqu’en Avril  1945

 

et c’est à nouveau les Alliées qui sauvent la France

 

…  ne retenant pas la leçon en se lançant dans des guerres de décolonisation contre des peuples indochinois et algériens qui revendiquent à juste titre leur LIBERTE

 

Et donc ce résumé de l’Histoire n’est pas brillante et devrait conduire les dirigeants vers plus d'humilité dans leurs rapports avec les autres peuples et Nations...

 

...or c'est l'arrogance, la prétention, et le donneur universel de leçons qui prévalent...

 

car la France a occupé des territoires, colonisé et assimilé des populations

 

… et sa croisade insensée  livrée contre la présence de ces personnes sur son territoire sous le couvert de communautarisme...

 

...relève de l’intolérance, d'incohérence politique dans la désignation des ennemis de cette République monarchique et de la discrimination raciale.

 

https://www.youtube.com/watch?v=IMKe6QVjT84

 

Le Burundi

 

Le Burundi est un pays d'Afrique de l'Est sans accès à la mer, mais possédant un grand lac , lac Tanganyika, situé dans la région des Grands Lacs et entouré par la République démocratique du Congo à l'ouest, le Rwanda au nord, et la Tanzanie à l'est et au sud.


Histoire
Origines

L'histoire de toute la période précoloniale est sujette à caution ,des interprétations idéologisées du passé, soit par le colonisateur pour son propre profit, soit par l'une des deux principales ethnies ont pu altérer la réalité historique.

Aucune trace écrite n’existant, seuls quelques indices peuvent renseigner les historiens. De plus, la région est loin d’offrir le calme nécessaire à de telles recherches. Cette histoire mythique pose les mêmes problèmes que celle du Rwanda.


Au début de l'histoire connue de la région, les Twa, que leur petite taille apparente aux tribus pygmées, peuplaient les rives du lac Kivu et vivaient de la chasse.


Puis, vers le XIVe siècle seraient venus les Hutu, agriculteurs bantous qui défrichent la forêt, puis les Tutsi, pasteurs venus du nord, que les explorateurs européens auraient voulu rattacher à Cham.

Les recherches récentes montrent que les Hutu et les Tutsi seraient présents dans la région au moins depuis le premier millénaire après J C, et que les mouvements de population peuvent être de nature très différente que celle des premières hypothèses.


Certains mettent en doute la nature du peuplement, mais jamais la présence ancestrale des Twa, l'origine chamitique des Tutsi en particulier, avancée par les premiers colons, est l'hypothèse la plus remise en question par des historiens depuis une trentaine d'années.

Cette version est aussi refusée par les Hutu qui y voient une référence prestigieuse propre à renforcer l’aura des Tutsi, le peuple de Cham étant cité dans la Bible comme issu de Cham, fils de Noé.

En réalité, très peu de Tutsi revendiquent cette ascendance qui est nécessairement liée à l’évangélisation du pays et non aux cultures de l'Afrique des grands lacs. Ces théories sont à l'origine de la nature de l'ethnisme au Rwanda et au Burundi.


Pendant la période monarchique, la population se référait à des clans localisés dans leurs régions.


Ces clans avaient une prégnance qui relativisait alors l'identité socioprofessionnelle, et n'étaient pas structurés selon l'identité, Hutu, Tutsi ou Twa, mais pouvaient être plus ou moins majoritairement constitués par l'une ou l'autre catégorie , contrairement au Rwanda où chaque clan était indifféremment constitué de Hutu, de Tutsi et Twa.

Cela explique sans doute l'évolution actuelle du Burundi qui revendique l'ethnisme dans sa constitution, contrairement au Rwanda qui l'a aboli depuis le génocide de 1994 et dans la constitution depuis 2003.
Une lignée princière, les Ganwa, d'où sont issus les rois du Burundi, dominait l’ensemble de la population, Hutu, Tutsi et Twa.

Il est généralement admis que les Tutsi, par un code à l'avantage des pasteurs, s'étaient affirmés comme la caste dominante et gardaient les Hutu sous leur joug.

Cette perception est en fait due à la colonisation belge, qui imposa la domination tutsie décrétée comme une race supérieure, et perçue comme initiale. La colonisation belge pratiquant le diviser pour régner avait favorisé l’accumulation des frustrations.


Les Twa ne représentent plus que 1% de la population burundaise mais n’ont jamais été l'objet de massacres. Ils étaient toutefois considérés par les deux autres groupes comme impurs , on ne devait ni boire, ni manger avec eux.

En contrepartie, ils bénéficiaient d'une liberté de parole dans la société , même du temps des mwamis. Ils peuvent être comparés aux fous des cours royales européennes du Moyen Âge.

Au-delà de la notion d'ethnie, sujette à débat dans la communauté africaine, beaucoup voient dans les Hutu et les Tutsi un peuple de même origine que seule une différence de classe entre les pasteurs Tutsi et les agriculteurs Hutu sépare.

D’ailleurs cette différenciation entre pasteurs et agriculteurs est toute relative , les uns et les autres pratiquent à la fois l'agriculture et l'élevage. Le critère essentiel de la notion d'ethnie est la langue.

Or, tous les Burundais parlent la même langue, le kirundi et ont la même foi ancestrale en Imana, comme les Rwandais. On ne peut donc pas parler d'ethnie, sauf à se baser comme les colonisateurs sur des critères raciaux.


Colonisation

En 1890, arrivant de Tanzanie, les Allemands s'installent dans la région des grands lacs et signent le 6 juin 1903 un traité de protection avec le mwami Mwezi Gisabo.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, les Allemands doivent renoncer à leurs colonies et, lors de la conférence de Versailles en 1919, le royaume de Belgique obtient un mandat sur la province du Ruanda-Urundi, constituée des Rwanda et Burundi actuels.

Comme au Rwanda, les Belges instrumentalisèrent la perception socioprofessionnelle hutue, tutsie et twa, qui leur était sans doute plus familière, au détriment d'autres réalités sociologiques du Burundi, les clans.


Le colonisateur belge choisit de s'appuyer pour gouverner sur la minorité tutsie en laissant les Hutus et les Twas dans des emplois subalternes.


Indépendance
Aux législatives du 18 septembre 1961, les Burundais choisissent l'UPRONA , Union pour le Progrès National, et son chef de file le prince Louis Rwagasore, qui remporte 58 des 64 sièges de la nouvelle assemblée.


L'Uprohutu Union pour la Promotion Hutue, qui plus tard deviendra le Palipehutu Parti pour la libération du peuple hutu, pendant du Parmehutu au Rwanda qui a pris le pouvoir par la force deux ans plus tôt n'obtient aucun rôle dans le nouveau paysage politique burundais.

Le prince Rwagasore est assassiné le 13 octobre 1961 par Georges Kageorgis. L'indépendance du pays est proclamée le 1er juillet 1962 , ce jour est dès lors choisi pour célébrer la fête nationale.

Massacres de 1972
En 1965, le premier ministre hutu Pierre Ngendandumwe est assassiné. Le capitaine Michel Micombero prend le pouvoir le 28 novembre 1966, abolit la monarchie du mwami Ntaré V ,qui vient de déposer son père Mwambutsa IV le 8 juilletet proclame la république.


Jusqu'en 1972 la jeune armée burundaise est composée de Hutus et de Tutsis, depuis l'homme de troupe jusqu'aux officiers supérieurs.

Le 29 avril 1972, l'ex-roi Ntare V est assassiné mettant fin à une descendance mâle, tandis qu'un soulèvement des groupes hutu, accusés de vouloir prendre le pouvoir, est réprimée avec une grande férocité, au prix du massacre de 100 000 à 200 000 personnes.

L'organisation et la planification des massacres de tutsis étant l'œuvre d'officiers et sous-officiers de l'armée, une épuration aveugle fut faite dans les rangs de ceux-ci après les massacres qui prirent place durant 2 semaines. Les partis politiques Hutu souhaiteraient que cet événement soit qualifié officiellement de génocide.


Les massacres

L'appartenance privilégiée peut conduire au crime. Le crime peut aussi créer le sentiment d'appartenance. Tantôt les victimes de la persécution sont conduites à se sentir membres du groupe persécuté, alors même qu'elles n'avaient auparavant que de faibles liens avec lui.

Considéré comme un des rares États-Nations d’Afrique, le Burundi a acquis son indépendance le 1er juillet 1962 dans la paix et la sérénité contrairement à son voisin le Congo auquel il était uni administrativement dès 1925 et dont il constituait un appendice économique.

Cette situation dans laquelle naissait le nouvel État n’allait pas durer longtemps puisque les relations sociales entre les composantes de sa population se sont vite détériorées et se sont traduites par des bains de sang.

Des tueries interethniques qui ont pris des allures génocidaires ont eu lieu en 1965, 1969, 1972, 1988, 1991, 1993. Ces années sont devenues des repères dans la fabrication des mémoires de la société burundaise.

Ces mémoires sont cultivées, entretenues et diffusées via des différents canaux qui recourent tant à la globalisation qu’à la radicalisation et tendent à la négation de l’existence d’une unité séculaire des Burundais.

Notre propos vise à montrer que ces mémoires hutu et tutsi sont le résultat de la haine générée par ces différentes crises et gênent énormément le raccommodage du tissu social burundais puisqu’il y a risque de parallélisassions de ces mémoires.

Cassures dans l’héritage de l’État-Nation

Le Burundi est peuplé par trois catégories sociales, les Hutu, les Tutsi et les Twa, trois ethnies qui ont été présentées à tort par des observateurs étrangers comme étant des tribus ou des castes. Cette population vit sur le même territoire sur des collines en habitat dispersé, parle la même langue, kirundi, adore le même être suprême, imana.

Ils étaient placés sous l’autorité de l’aristocratie ganwa et devaient des prestations au pouvoir. Les chefs et sous-chefs se recrutaient parmi les Hutu et les Tutsi.

Ces deux groupes se répartissaient en plus de 200 clans, imiryango. Cet ancien protectorat allemand fut placé sous mandat, 1924-1946, puis sous tutelle belge, 1946-1962.

La fin des années 50 correspond au Burundi à la recherche de son accession à la souveraineté nationale.

Pour ce faire des partis politiques furent créés, les uns étant pour l’indépendance immédiate, Unité pour le progrès national, UPRONA, les autres pour l’indépendance tardive, Parti démocrate chrétien, PDC, ou pour la libération du , menu peuple, Union pour la promotion des Hutu, UPROHUTU.

La victoire aux élections législatives fut remportée par le parti UPRONA le 18 septembre 1961. Un gouvernement dirigé par le prince Louis Rwagasore fut mis sur pied mais ce premier ministre burundais fut assassiné la 13 octobre 1961.

Des querelles se produisirent entre les prétendus successeurs de Rwagasore. A. Muhirwa, ganwa, gendre du roi et ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Rwagasore et P. Mirerekano hutu. Chacun se considérait comme son héritier.

Ces conflits vont marquer la vie politique burundaise et lui donner une nouvelle configuration dans la course au pouvoir.

Il convient de rappeler que jusqu’à cette date, les principales oppositions entre autorités politiques se déroulaient entre les membres de l’aristocratie ganwa, les Batare et les Bezi notamment.

Cette fois-ci, la vacance du poste à la tête de l’UPRONA donna lieu à des conflits entre les Hutu et les Tutsi. D’autres querelles du même genre n’allaient pas tarder à apparaître.

Il s’agit notamment de l’éclatement de l’UPRONA en deux factions, Casablanca et Monrovia, les tueries à Kamenge, Bujumbura, des syndicalistes hutus par des membres de la Jeunesse Nationaliste Rwagasore en janvier 1962.

Si ces trois années d’après l’indépendance annoncent la détérioration des relations entre les différentes catégories sociales burundaises, c’est surtout l’année 1965 qui a laissé des traces indélébiles dans les annales de la cohabitation des Hutu et des Tutsi du Burundi.


Assassinat de Pierre Ngendandumwe

En effet, le 15 janvier, le premier ministre burundais Pierre Ngendandumwe , hutu fut assassiné, sa mort fut attribué dans les milieux hutu à des Tutsi. Quatre mois plus tard, on assiste à des élections législatives qui se déroulent sous la bannière ethnique notamment sous l’impulsion du Parti du peuple, PP.

Le climat social fut surtout tendu en octobre 1965 , des militaires hutu du camp Base , Bujumbura massacrèrent leurs collègues tutsi et attaquèrent le palais royal et la résidence du premier ministre, L. Bihumugani.

Au même moment des paysans hutu des communes Busangana et Bugarama , province Muramvya, massacrèrent leurs voisins tutsi. L’avènement de la première république, instaurée le 28 novembre 1966 par le capitaine Michel Micombero, n’a pas pu résoudre ces antagonismes.

Au lieu de s’estomper, ces divisions continuaient à être cultivées et entretenues par l’élite burundaise. Une deuxième tentative de coup d’État faite en décembre 1969 échoua et se termina par une condamnation à mort des militaires hutus qui étaient accusés d’être les initiateurs de ce coup de force.

L’exécution du jugement provoqua une réaction des étudiants hutu vivant en Belgique . Nous sommes déterminés, écrivent-ils, à amener le peuple à prendre conscience des réalités nationales.

Et lorsque le peuple aura vu et compris toute la machination politique ingénieusement masquée par les slogans néfastes du parti fasciste et des mouvements émanant du parti, il décidera lui-même de son avenir .

En plus de ces tensions ethniques, cette période était caractérisée par des divisions régionalistes. C’est dans ce contexte que survinrent le complot de 1971 , et les événements de 1972 , qui furent marqués par des tueries dès le 29 avril 1972 des Tutsi dans le Sud du pays et à Bujumbura notamment.

L’intervention de l’armée nationale fut féroce. De nombreuses personnes y laissèrent leur vie; d’autres prirent le chemin de l’exil vers les pays étrangers. Le tissu social burundais venait de se distendre. Cette crise allait être le catalyseur des crises identitaires qui allaient suivre quelques années plus tard.

Régime de 1976

Le régime Micombero tomba le 1er novembre 1976. Le nouveau chef de l’État, le colonel Jean-Baptiste Bagaza initia une politique économique de grande envergure, croyant de cette façon passer par la satisfaction des besoins de la population et l’instauration d’une justice sociale pour réduire ces tensions.


Mais c’est sous son régime que sont nés les mouvements de libération des Hutu, Palipehutu, UBU, Tabara, Bampere. Ces organisations créèrent de vives tensions dans le pays. Au cours de cette même période surtout après 1985 le torchon brûlait entre l’Etat et l’Eglise catholique notamment.

La 3e république fut proclamée dans cette conjoncture, le major Pierre Buyoya remplaça Jean-Baptiste Bagaza à la tête de l’État le 3 septembre 1987. Une année après, le 15 août 1988, éclata la , crise de Ntega et Marangara .

Des initiatives diverses furent prises en vue de promouvoir l’unité nationale, accueil et réinstallation des réfugiés, gouvernement de l’unité nationale, charte de l’unité nationale.


Malgré ces actions posées en vue de résoudre le problème de l’unité nationale, une nouvelle explosion de violence eut lieu encore à Bujumbura et dans le Nord-Ouest en octobre 1991 mais ne s’étendit pas sur d’autres territoires.
Intermède démocratique


Une constitution est rédigée par une commission chargée d'instaurer une démocratie multipartite au Burundi. Elle est validée par la population en 1992 malgré de nombreuses hésitations de Pierre Buyoya, président depuis un coup d'État militaire en 1976.

Des élections présidentielle et législatives sont organisées respectivement le 1er juin et le 30 juin 1993, elles sont toutes remportées par le FRODEBU.

Après l'élection présidentielle démocratique, le président tutsi Buyoya de l'UPRONA passe le témoin le 10 juillet 1993 au nouveau président hutu Melchior Ndadaye. Le président de la République Ndadaye nomme Sylvie Kinigi une Tutsi comme premier ministre afin de bâtir une réconciliation entre les deux composantes hutu et tutsi.

Trois mois après cette investiture, le 21 octobre 1993, un putsch militaire organisé par quelques éléments de l’armée nationale renverse les institutions et assassine Melchior Ndadaye.

Et quelques-uns de ses proches collaborateurs , le président de l'assemblée générale, Pontien Karibwami, le vice-président de l'assemblée générale, Giles Bimazubute, le ministre de l'Intérieur, Ndayikeza Juvénal, le directeur de la documentation nationale, Richard Ndikumwami.

Guerre civile de 1993
L’annonce de cette mort sur Radio Kigali fut le début d’un génocide des Tutsi et du lynchage des Hutu qui étaient opposés à cette idéologie. L'intérim à la tête du pays fut assurée par Sylvie Kinigi premier ministre du président assassiné Ndadaye du 27 octobre 1993 au 5 février 1994.

Des régions entières connurent la purification ethnique, Bujumbura qui était épargnée de ces tueries au début connut au mois de mars - avril 1994 les journées ville morte et la balkanisation des quartiers.

Des milices se créèrent, les GEDEBU, Génération démocratique du Burundi, les FDD , Forces pour la défense de la démocratie pour le camp des Hutu et les Sans Défaite et Sans Echecs pour celui des Tutsi.


Le Burundi s’enlisa dans cette situation où la peur et la suspicion de l’autre faisaient partie du menu quotidien de la population Ce parcours rapide de l’histoire socio-politique du Burundi de 1962 à 1993 montre que les crises sont récurrentes dans cette société mais elles ne sont ni naturelles ni séculaires.

L’identité des Burundais qui est actuellement présentée est le résultat d’une création alimentée par des clichés et stéréotypes qui ont été diffusés au sein de la population burundaise. Ces crises sont productrices des mémoires hutu et tutsi dans la société burundaise.

Fabrication des mémoires burundaises.
Point n’est besoin de rappeler ici que l’identité n’est pas donnée une fois pour toutes, qu’elle se construit et se transforme tout au long de l’existence. Chaque société peut reconstruire son identité en fonction des différentes étapes de la vie .

Ses mémoires seront le résultat des reconstructions fondées sur le passé Comme nous l’avons vu plus haut, le passé burundais qui couvre la période d’après l’indépendance a été marqué par des crises identitaires.

Celles-ci sont devenues pour certains Burundais des points de repères dans la fabrication d’une mémoire hutu et d’une mémoire tutsi alors qu’avant ces tragédies l’identification était basée sur le clan et la nation.

Un burundais à qui on demandait de décliner son identité donnait le nom de son clan et la nationalité burundaise.
Les principaux canaux de diffusion de ces repères sont l’œuvre des Burundais réfugiés et les Burundais de l’intérieur; des reportages sur le Burundi contribue à leur tour à conforter , chaque groupe dans sa vision des choses. L’existence de ces mémoires n’empêche pas que la mémoire nationale existe.

Une mémoire Hutu cultivée.

Les événements de 1972 plus que les autres crises ont laissé des souvenirs très tristes dans les annales de l’histoire du Burundi. C’est à partir de cette date que des associations ou groupes d’individus chargés de défendre les intérêts des Hutu ont commencé à voir le jour.


Déjà, l’association estudiantine des Burundais vivant à l’étranger dénommée Mouvement des étudiants progressistes barundi , MEPROBA, a dévié de ses objectifs premiers à la suite de ces événements pour embrasser des idées ethnicistes, elle est devenue Mouvement des étudiants progressistes bahutu.


En 1974, des étudiants burundais vivant en Belgique créèrent le mouvement Tabara Uburundi , au secours de la nation burundaise.

D’autres groupes n’allaient pas tarder à voir le jour, UBU , Umuhari w’abakozi b’Uburundi , Front des travailleurs du Burundi, Bampere, Palipehutu , Parti pour la libération des Hutu, Frolina , Front de libération nationale. Dans un document qu’il a rédigé autour des années 80, Rémi Gahutu, fondateur du Palipehutu, fait des propositions devant sauver les Bahutu

a) les hutu doivent être conscients des maux dont ils souffrent /
b) l’unité des Hutu
c) Fondation d’un parti de lutte
d) la nécessité d’avoir des dirigeants dynamiques et potentiels
e) l’enjeu de la revendication des hutu dans la recherche des moyens de se défendre contre les constantes attaques et provocations des Tutsi
f) les hutu doivent éviter les querelles idéologiques


Méfiance réciproque

Après le coup d’État du 3 août 1987, cette même formation se méfiait du comportement qu’allait adopter les nouvelles autorités et condamnait les attitudes adoptées par la minorité tutsi .


Nous n’oublions pas cependant que le régime va sombrer dans les mêmes abus que quelques mois plus tard car toute ouverture démocratique entraînera une émergence des Hutu au détriment des seigneurs tutsi.

Considérant toutes les discriminations dont ils ont toujours fait objet et dans le but de pouvoir retrouver leurs droits et libertés longtemps bafoués, les Hutu se sont regroupés au sein du parti pour la libération du peuple hutu , Palipehutu, parti dont les objectifs sont d’instaurer la vraie démocratie au Burundi et faire régner la paix et la justice.

La minorité tutsi doit comprendre qu’il est temps de cesser cette politique discriminatoire et accepter le partage dans la gestion du patrimoine national dans l’entente et la concorde nationale .


Comme cela a toujours été le cas, ces revendications des Hutu vont être étouffées par la minorité tutsi rendant ainsi impossible toute voie d’entente. De notre côté, il nous est difficile d’accepter toute solution à la Tutsi qui ne peut renfermer que des pièges .


Le Palipehutu

Par ailleurs, cette même formation croit que les Tutsi ont un plan bien élaboré pour exterminer les Hutu. Un message diffusé le 22 février 1989, six mois après la crise de Ntega et Marangara, note que beaucoup de Hutu ne pensaient pas que les Tutsi auraient encore osé exterminer les Hutu. Il n’y a aucun doute à ce sujet.

Les malfaiteurs tutsi ne rêvent qu’à tuer les Hutu jusqu’à ce qu’ils les exterminent . En outre, le Palipehutu accuse les Tutsi de s’allier à des Hutu pour exterminer les autres Hutu , Vous savez que des siècles, les Tutsi se servaient des Hutu malhonnêtes pour tuer les Hutu.

Il y a toujours eu des pseudo-hutu , ingigwa- bahutu, qui étaient à la solde des Tutsi, qui se soumettaient mais cela ne leur profitait à rien car les sans-pitié ne les laissaient pas car après avoir tué ceux qui avaient été trahis, ils tuaient ceux qui avaient joué le rôle de Judas.

Pour le Palipehutu, des Hutu qui ont des postes de responsabilité politique ne ménagent rien pour s’attirer des faveurs des Tutsi trahissant ainsi les membres de leur ethnie.

Le premier ministre A. Sibomana, le secrétaire général du parti UPRONA, Nicolas Mayugi et le ministre de l’Intérieur, François Ngeze furent vivement critiqués par le Palipehutu. Des Hutu qui adoptaient un tel comportement devraient être sanctionnés par tous les Hutu.


Le communiqué du Palipehutu du 20 avril 1991 est à ce sujet très significatif. Levons-nous tous ensemble pour combattre tous ces Hutu, traîtres des leurs , banyamuryababo, les dénoncer partout pour que tout Hutu les connaisse afin que personne ne soit plus induit en erreur par ces gens.


Écrivons leur nom et diffusons-les partout pour qu’ils soient rejetés dans tout le pays et dans le monde entier, pour que leurs parents sachent qu’ils ont mis au monde des êtres sans moralité qui ne les rendront aucun service si ce n’est que trahir leur ethnie. Combattons-les à temps avant que d’autres personnes ne soient atteintes par ce mal.


Pour faire face à cette trahison faite par les Hutu vis-à-vis de leurs frères hutu , le Palipehutu préconise une unité des Hutu, seule solution devant leur permettre d’avoir leur victoire sur les Tutsi. Radio Bohoza invite les Hutu à serrer les rangs .

Il est temps de montrer à l’opinion que nous en avons assez de l’injustice et des tueries cachées derrière le concept d’unité et du fantôme parti UPRONA et ses acolytes qui sont au Burundi et à l’étranger.

Serrons nos rangs et méfions-nous des enseignements de l’UPRONA. Notre plus grande mission est de nous défaire de l’UPRONA qui ne rêve que le versement du sang des Hutu et des Twa

Aussi, il serait pragmatique de commémorer la date du 29 avril, date-anniversaire du déclenchement des événements de 1972. Lutter contre devient pour eux un devoir de mémoire.


Une lettre circulaire envoyée aux partisans du Palipehutu rappelle les consignes à prendre, aller à la messe, diffuser les nouvelles et relatives à ces événements à la radio et à la télévision.

Faire des émissions dans les radios étrangères qu’on capte facilement au Burundi , RFI, VOA, BBC, fermer les boutiques, ne pas aller au marché, ne pas prendre de bus ou un taxi, ne pas entrer dans les bars, s’absenter du lieu de travail ou de l’école, se raser complètement la tête.


Une telle organisation ne manquait pas de faire peur à ceux qui n’ y participaient pas ,les Tutsi comme les Hutu, car elle était souvent accompagnée de menaces. Si des Tutsi sont pointés du doigt dans la violation des droits de l’homme, l’armée burundaise est l’institution la plus attaquée par le Palipehutu .

À l’intérieur du pays, le peuple burundais traverse des moments très difficiles qui rappellent les années 1965 et 1972.

Des militaires armées en tenue de fonction ou en civile sont régulièrement lancés dans les populations tant rurales qu’urbaines enfin de semer le désordre et le désarroi pour se donner les alibis de massacres généralisés du peuple.
Partout à travers le pays, l’on signale plusieurs cas de disparition de citoyens sur simple arrestation par la police politique.

Cette situation dans laquelle cette formation veut faire vivre la population burundaise devient plus inquiétante quand le Palipehutu veut faire croire à cette dernière qu’il y a une conjugaison des efforts entre les Tutsi de la sous-région dans le but exterminer les Hutu du Burundi.

Ce complot régional anti-hutu réunirait les Burundais, les Rwandais, les Ugandais, les Somaliens et les Éthiopiens . -Nous déplorons et condamnons fermement la présence de plus de 3000 nomades militaires Inyenzi-Inkotanyi en provenance de l’Ouganda, Éthiopie, Somalie et l’Est du Zaïre-

Aussi des listes des personnes hutu mortes pendant ces guerres fratricides, listes variables d’ailleurs d’une organisation à une autre, étaient souvent diffusées. Les Forces vives de la Résistance, le Palipehutu et le Frodebu ont souvent recouru à cette stratégie.

Ce travail de mobilisation ethnique visait à rappeler les tristes événements que le Burundi a connus et à faire croire qu’une seule catégorie de la population était touchée, qu’elle en était la seule victime et que partant il fallait qu’elle reste sur ses gardes. Pour ces organisations, il n’est pas question de soutenir la politique d’unité nationale.

Le Front de libération nationale , Frolina invitait les Hutu à combattre la politique d’unité nationale engagée par le président Buyoya .


-Il est plus que temps pour les Hutu de ne plus nous laisser tromper par ce mot d’unité, levez-vous, fortifiez-vous, fortifiez-vous, ne vous découragez pas dans vos actions et dans l’étude permanente des moyens devant nous aider à nous défaire de nos ennemis avec qui nous vivons comme des serpents-

 Radio Bohoza du Palipehutu évoquait l’ancienneté d’occupation du territoire par les Hutu pour faire comprendre à son auditoire que les Tutsi ont usurpé le pouvoir.Depuis que le Burundi existe, c’est le Hutu qui a fait le défrichement et fait des cultures suivant la succession des saisons. Il vivait en bonne harmonie avec les Twa.

Les Tutsi sont ensuite venus dans le pays et y ont amené du bétail. Ils ne rêvaient que semer des querelles et la zizanie dans ces populations qu’ils ont trouvé sur place. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur le contrat de clientèle , ubugabiren car celui qui acceptait ce contrat méprisait ses frères hutu et twa.

C’est de cette façon que les divisions ethniques se sont installées dans ce pays. Face à ces divisions entre les Hutu et les Twa, les Tutsi ont, grâce à leur fourberie, pris le pouvoir après avoir trompé les Hutu en leur disant que celui qui devait gouverner était celui qui était né avec des semences dans son poing.

 Burundais, Burundaises, vous venez d’entendre que dès l’arrivée des Tutsi au Burundi, les Hutu et les Twa n’ont jamais eu le temps de respirer -

Situation après 1993

Après le déclenchement du génocide de 1993 et le lynchage des Hutu opposés à cette idéologie, des organisations hutistes qui sont nées font planer la menace d’extermination des Hutu par des Tutsi.

Ainsi, les Forces Vives de la Résistance, FVR, ont appelé, le 5 novembre 1993, les Hutu à être vigilants. Depuis 1965, l’ethnie hutu fait l’objet d’un massacre aveugle qui vise la réduction de son groupe ethnique.

Actuellement, les militaires sont lancés dans l’exécution d’un programme ignoble, ramener les 84% de Hutu à 15 % pour que les Hutu ne restent pas majoritaires dans les élections démocratiques qui passent pour la seule règle de jeu acceptable dans la gestion de sociétés modernes.

Le Front Melchior Ndadaye alerta la population le 6 novembre 1993 sur ce qu’il appelait , un plan de génocide minutieusement préparé, dont l’objectif est de décimer au moins deux millions de Hutu pour avoir la paix encore pendant 15 ans .


L'an 2010, il invita les Forces Patriotiques et les Démocrates à se dresser comme un seul homme pour contrecarrer le plan de génocide en cours d’exécution.


En 1994, les Forces pour la défense de la démocratie au Burundi, FDD, branche armée du Conseil national pour la défense de la démocratie, CNDD, parle d’un génocide contre les hutu.

En analysant l’histoire récente du Burundi , on constate que les trois régimes militaires qu’a connus le pays depuis l’indépendance ont pris soin de construire une armée et une administration monoethniques dans le but de perpétuer une dictature des éléments de l’ethnie tutsi minoritaires , 14% de la population, au détriment de l’ethnie hutu majoritaire , 85% de la population.

Pour exécuter ce programme, les Tutsi utilisent tous les moyens, assassinats politiques, exclusion de l’enfant hutu de l’enseignement, génocide intellectuel, massacres cycliques des populations hutu sans défense afin de régner en maîtres sur tous les secteurs de la vie nationale.

Des radios clandestines ont été utilisées pour maintenir vive la mémoire hutu autour des crises identitaires qu’a connues ou que connaît le Burundi. Elles mettaient en conditionnement la population pour qu’elle soit consciente des dangers qui la guettaient.

Diverses stratégies étaient utilisées: manipulation à sa convenance idéologique des événements de l’actualité nationale, annonces des attaques, diffusion des fausses listes des personnes qui devaient être tuées par les Tutsi et de la liste de ceux qui devaient exécuter cette sale besogne.

Radio Rutomorangingo, appelée en français, Radio Démocratie, annonçait en février 1996 la tenue des réunions de préparation d’assassinats de Hutu. Le 19 février 1996, une réunion des Tutsi extrémistes s’est tenue à Muberure tout près de la position militaire qui y stationne.

Les participants civils et militaires s’y sont rendus avec les gros bus de transport des hommes de troupe. L’objectif de cette réunion était de réorganiser les Sans Echec en tenant compte de ceux qu’ils avaient envoyé en formation au Rwanda et de plusieurs désertions du FPR , Front patriotique rwandais, qui sont revenus dans notre capitale.

Les tueurs étaient en formation au Rwanda dont tous sont arrivés à part un petit nombre de près de 50. Toujours dossier Sécurité, après la nomination du chef de zone de Kamenge en la personne du Sans-Echec, N.J., les chefs de quartier ont à leur tour été installés dans les brousses de cette zone.

Ils sont tous de l’ethnie tutsi et faisaient partie du groupe des Sans -Echecs qui brûlaient vifs les personnes kidnappés et conduites à Nyakabiga ou à Ngagara .


Une mémoire Tutsi renforcée par la menace Hutu
Nous avons montré plus haut qu’une mémoire hutu a été fabriquée à la suite des tragédies que le Burundi a connues après son accession à l’indépendance. La création d’une mémoire tutsi sera basée sur ces tueries que les deux principales composantes de la société burundaise se sont livrées.

Ses origines lointaines peuvent être situées dans la révolution rwandaise de 1959 qui a fait que des milliers de Tutsi soient massacrés et que d’autres se réfugient dans les pays voisins dont le Burundi.

Les Tutsi du Burundi avaient peur de voir les Hutu du Burundi suivre le modèle rwandais. Cette peur est allée en s’accroissant notamment avec la tragédie de 1965 où des paysans hutu ont commencé à tuer à leurs voisins tutsi.

En 1972, les massacres des Tutsi par des Hutu venaient encore rendre leur situation sécuritaire très fragile. Aussi, des plans d’attaques ou des appels à des tueries ne manquaient pas de faire peur aux Tutsi et susciter une menace pour leur survie.

Un document anonyme intitulé Lettre aux Bahutu du Burundi , Ikete ry’abahutu b’i Burundi , donne des consignes à suivre pour se défaire des Batutsi/
1. Levez-vous, levez-vous tous ensemble Prenez des lances, une serpette, une machette, un arc et des matraques et combattez le Tutsi partout où il est
2. Militants, soyons solidaires et combattons le Tutsi avec énergie depuis le militaire, tous les dirigeants, n’épargnons personne qui puisse transmettre la nouvelle, exterminons-les.
3. Prenez les ministres, les gouverneurs, les administrateurs, les conseillers, les tutsi chefs de colline, ainsi que les responsables du parti et tuez-les avec leurs femmes et leurs enfants et même le fœtus. Qu’aucun Tutsi ne vous échappe ou ne soit mis en prison, il faut que vous l’enterriez mort.


Face à une telle situation, le réflexe d’autodéfense, de vengeance, la conviction de faire partie du groupe menacé ne peuvent pas manquer. Ainsi, un mouvement extrémiste appelle un autre extrémisme.


Avec le génocide de 1993, des régions entières ont connu la purification ethnique et ne connaissent plus aucun individu tutsi. Des appels à la consolidation de leur groupe ont été lancés.

Un tract du 3 novembre 1993 inventorie les commandements que tout Tutsi doit appliquer .Se méfier de tout hutu. Ne acheter aucun produit vendu par un hutu. Connaître les endroits où habitent les Hutu.

Avoir une arme de défense pour que vous ne soyez attaqué sans vous y être préparé.Connaître le numéro de téléphone de tout Tutsi.Ne pas marcher seul dans la rue, sur les collines ou dans vos quartiers. Informez-vous pour savoir comment les vôtres ont tués.

Un document intitulé PA-Puissance d’autodéfense-Ingabo incite les Tutsi à une mobilisation conre leur ennemi qui, dans le texte, n’est pas explicité clairement mais que l’on peut lire entre les lignes, Nous sommes ciblés comme des bêtes à chasser, à tuer ou à exiler.

Des bandes s’entraînent pour nous exterminer un à un ou en masse. L’ennemi est fort parce qu’il a beaucoup de moyens. Il a des ambassadeurs dans le monde entier, des disciples dans tous les quartiers et sur toutes les collines du Burundi

On se prépare à nous anéantir et nous, nous restons les bras croisés, comme si quelqu’un viendra nous protéger ou nous organiser quand il sera tard. Notre organisation doit se faire maintenant et au Burundi, pas demain ni ailleurs. Nous devons nous organiser, nous mettre ensemble, unir nos moyens et créer une puissance d’autodéfense.

A une force, il faut y opposer une autre. Au fur et à mesure que nous nous organiserons, nous nous solidariserons et apprendrons à être discrets, nous serons puissants et on aura peur de nous .

Des menaces des autorités burundaises considérées comme ayant une large part de responsabilité dans le déclenchement de la crise d’octobre 1993 ont été menacés de mort par ceux qui se présentent comme les représentants des parents des victimes.

-Vous êtes comme des animaux traqués qui n’ont aucune chance d’échapper à la vindicte publique. Vos jours sont comptés avec ou sans la fameuse force de protection que vous appelez de tous vos voeux Vous pouvez déjà réserver votre place au cimetière-

Des annonces des attaques des Tutsi par des Hutu contribuaient à raviver davantage la mémoire des Tutsi. Un tract ayant circulé en janvier 1994 contenait des informations alarmantes

La ville de Bujumbura serait la plus concernée par ces codes 7 et 9, il semble qu’il s’agira des enlèvements aux bureaux, les bars les plus fréquentés par les Tutsi, les bus, etc. Les escadrons de la mort sont déjà préparés, qui seront épaulés dans la sale besogne par le Palipehutu déjà dans nos murs.

Le Club des vacances serait l’état-major et les Frodebustes sot prêts à brûler toute la ville en cas d’échec. Les membres du Gouvernement essentiellement les Hutu qui vont prendre une part active ont déjà eu leurs armes et munitions en quantité suffisante.

Cela coïncidera avec la venue de la MIPROBU et la prestation de serment par Juvénal Habyarimana du Rwanda ce mercredi 5 janvier 1994. Il paraîtrait que les enlèvements aux bureaux et les assassinats vont commencer dès ce mardi 4 janvier 1994.

Prenez donc toutes les dispositions nécessaires pour éviter le pire. L’heure n’est plus à la rigolade.
Ce dressage d’une ethnie contre une ethnie a été même soutenue au grand jour par des personnalités politiques burundaises appartenant à l’institution parlementaire.

En effet , la politique de désarmement de la population initiée par le gouvernement en 1996 a été présentée par le député Nephtalie Ndikumana de la circonscription de Bururi comme étant une politique visant à exécuter un plan de génocide des Hutu.

Dans un écrit rédigé en Kirundi et diffusé dans tout le pays . Le désarmement de la population a été un prétexte pour déstabiliser le pouvoir FRODEBU et exterminer les Hutu.

Ce parlementaire incitait la population à la haine ethnique qui risquait fort de provoquer l’affrontement entre les Hutu et les Tutsi Depuis que le génocide des Tutsi a été commis, des associations furent mises sur pied pour prévenir le déclenchement d’un tel crime.

Ainsi sont nés Solidarité Jeunesse pour la défense des droits des minorités SOJEDEM, Association de lutte contre le génocide , AC Génocide Cirimoso, Association pour la protection des minorités, Coalition pour la protection des minorités du Burundi, Amasekanya.

L’internationalisation des mémoires Hutu et Tutsi a été faite par les média nationaux et internationaux mais aussi par les écrits de la société civile et des partis politiques voire ceux des individus pris isolément.

La SOJEDEM demanda aux Chefs d’Etat de la sous-région de ne pas permettre le retour au pouvoir du Frodebu car sa finalité n’est pas de détenir le pouvoir mais de se servir de celui-ci pour exterminer les Tutsi.

En décembre 1994, les partis politiques de l’Opposition ont rédigé un mémorandum dans lequel ils accusaient le parti Sahwanya FRODEBU d’avoir organisé le génocide des Tutsi en octobre 1993 La globalisation des mémoires burundaises par les média étrangers a contribué à leur parallélisation.


Des informations récoltées par des agences d’informations pouvaient rendre les mémoires plus vives.

Certains reportages étaient des va-t-en guerre; on peut songer à ce sujet aux informations livrées par des journalistes présents au Burundi en mars-avril 1994 quand ils ont annoncé le double génocide et que certains journalistes étaient venus à Bujumbura pour faire un reportage en direct du génocide.

La construction de ces mémoires est le résultat d’une idéologie totalitaire , le totalitarisme ethno-centriste, qui exploite un thème mobilisateur étant donné les crises sanglantes que le Burundi a connues.

Ces organisations citées plus haut se veulent être libératrices de leur groupe respectif d’appartenance ethnique. Le discours extrémiste fait penser les Hutu et les Tutsi comme si cette désignation se suffisait à elle-même.

Il recourt souvent à l’amalgame. Les composantes de la population burundaise, les Hutu, les Tutsi et les Twa ne forment pas chacun un front uni, ne constituent pas trois blocs distincts pour que l’on puisse les mettre dans trois vases qui ne communiquent jamais.

Ces mémoires fabriquées sont en compétition et ne reconnaissent aucune expérience commune de ce peuple.
1965-1976

Nous avons noté jusqu’à présent que par suite de la globalisation, les mémoires burundaises hutu et tutsi s’opposent et tendent à être parallèles. Il faut nous interroger si la mémoire nationale existe encore ou si elle est moribonde ou si elle est morte.

Face à cette situation conflictuelle qui se produit de manière cyclique depuis 1965, on remarque qu’il y a des groupes qui veulent que la mémoire nationale ne soit pas éteinte.


Des individus de conditions modestes qui ne sont que des guerriers invisibles, des hommes politiques et des institutions comme les Eglises font l’apologie de l’unité nationale.

Déjà lors de la lutte pour l’indépendance nationale, des voix se sont levées pour parler en faveur de l’unité nationale pendant que d’autres recommandaient de suivre le modèle rwandais qui a donné lieu à la révolution sociale de 1959.

Le prince Louis Rwagasore avait, lors de la recherche de l’indépendance nationale, demandé aux Burundais de ne pas se piéger par des querelles ethniques. Aussi le roi Mwambutsa avait dans une lettre circulaire condamné les dénominations Hutu, Tutsi, Twa lors des tournées qu’il a effectuait dans les provinces.

Désormais, je veux plus entendre dire un Mutwa, Muhutu, Muganwa, Mututsi. Vous êtes tous Barundi et rien d’autre. L’homme se distingue par son travail et non par son appartenance familiale ou ethnique.

Celui qui se prévaudrait de l’une ou l’autre appartenance pour semer la mésentente et la discorde, je le condamne.

Ce même message unitariste a été transmis par cette haute autorité avant son départ à Lausanne Suisse le 10 mars 1963, il a recommandé à la population burundaise de ne pas se livrer aux haines raciales et aux désordres.
Cette même idée est réapparue lors de la prestation de serment du gouvernement Pierre Ngendandumwe le 18 juin 1963 .

Ma satisfaction sera grande si vous travaillez pour le progrès de mon pays. Evitez les haines, les vengeances et les soupçons. Et vous les députés, évitez les divisions qui risquent d’induire en erreur certaines personnes et de vous faire perdre votre crédit auprès de la population

Lors de la rentrée des vacances parlementaires du mois d’octobre 1964, le roi Mwambutsa a condamné les divisions qui se faisaient remarquer au niveau de l’Assemblée législative en groupes Casablanca et Monrovia

-.Je répète encore une fois de plus que je ne veux plus entendre les étiquettes Casablanca ou Monrovia et le refus systématique de collaboration basé sur ces étiquettes. Pour moi, vous n’êtes rien d’autre que Barundi. Vous devez éviter à tout prix tout ce qui est de nature à vous diviser et à amoindrir par conséquent votre action commune-.

Ces observations faites par le monarque burundais montrent qu’une préparation à petit feu de la mobilisation ethnique avait lieu à cette époque. Les résultats d’une telle machination ont été visibles avec l’explosion de la crise de 1965.

Le régime républicain qui avait été instauré en novembre 1966 a, de son côté, combattu cet esprit divisionnaire et encourageait la promotion d’une politique d’unité nationale.

Le 1er juillet 1968, le président Michel Micombero rappelait son engagement en la matière/
J’engage le parti UPRONA et tous ses membres,

j’engage tout le peuple murundi à lutter contre toute force subversive, contre toute forme d’opportunisme et de sectarisme qui sape l’unité nationale,

je vous engage tous à démasquer tout divisionnisme, de la combattre et de l’anéantir .

Après les événements de 1972, cette même autorité a rappelé la volonté de faire régner l’unité des Burundais dans le pays. Proclamée le 1er novembre 1976, la 2e république a inscrit à son programme la lutte contre les divisions.

Dans la Déclaration sur les objectifs fondamentaux du Mouvement du 1er Novembre, le président Jean-Baptiste Bagaza reconnaît l’existence de ce problème et se prononça pour sa solution.

Comme tout le monde le sait, notre patrie connaît un grave problème de division ethnique qui constitue une entrave certaine mais invincible à l’action révolutionnaire qui vient de naître. Les sombres années de 1965, 1969 et particulièrement celle de 1972 ont engagé notre pays sur la voie de la haine et de la suspicion implacables.

Nous devons réprouver les erreurs du passé et reconnaître l’existence d’un fait ethnique dans notre pays afin d’engager un combat ferme contre ce fléau, combat qui doit être mené sur des bases claires et objectives .


A la suite d’une conférence sur le Burundi qui avait eu lieu au siège de l’UNESCO à Paris du 26 au 28 septembre 1997 sur le thème Construire l’avenir pour le Burundi, une recommandation avait été formulée de mobiliser , la communauté scientifique des historiens afin d’assister les Burundais à réécrire l’histoire de leur pays.

Cette proposition intéressante a déjà eu des suites positives puisque cette même organisation internationale a déjà organisé, du 21 au 22 juin 1999, une conférence sur l’écriture de l’histoire de ce pays.


Plusieurs historiens et chercheurs burundais et étrangers qui ont participé à cette rencontre scientifique ont rappelé la nécessité et l’utilité d’écrire l’histoire du Burundi d’après l’indépendance, il est évident, à leurs yeux, que toute étude de l’histoire d’une période aussi troublée et déchirée que celle d’après l’indépendance doit être menée en utilisant les sources rigoureusement selon les règles de l’art

L’écriture de cette histoire du Burundi permettrait d’éclaircir des ombres et des controverses qui parfois sont à l’origine des manipulations que l’on rencontre ici et là quand on veut s’informer sur le passé composé de cette société.

Les orientations méthodologiques proposées par Christophe Charle et al me semblent convenir pour le cas du Burundi, La responsabilité L’affirmation vigoureuse que l’histoire est une spécialité. La fidélité à une méthode L’application de ces critères ne peut-elle pas aider si on veut construire l’histoire du Burundi

Transition
Après les massacres de 1988 ,20 000 morts, pour éviter d'autres bains de sang, le major Pierre Buyoya décide de lancer le pays dans une transition politique.


En 1992, l'Uprona perd son statut de parti unique et le 1er juin 1993 Pierre Buyoya organise les premières élections pluralistes dans le pays. Il perd la présidentielle face au candidat du FRODEBU , Front pour la Démocratie au Burundi Melchior Ndadaye.

Le 26, les législatives confirment la tendance et le Frodebu devient majoritaire à l'assemblée. Le 10 juillet, Sylvie Kinigi est nommée première ministre.


Les Tutsi, qui avaient la mainmise sur l'appareil d'État depuis longtemps , au moins depuis l'indépendance alors qu'ils ne représentent que 15% de la population, prennent peur du pouvoir que gagnent, de manière légale, les Hutu, d'autant plus qu'après avoir été considérés comme des êtres inférieurs, certains Hutu veulent une revanche.
De plus certains Tutsi considèrent le pouvoir comme un de leurs attributs et refusent que de simples Hutu puissent gouverner.

Massacres de 1993

Le 21 octobre 1993, des militaires de l'armée exécutent le président Melchior Ndadaye et six de ses ministres. Le pays s'embrase. Au début, des milliers de civils tutsi sont massacrés par leurs voisins hutu. Puis l'armée réagit très violemment au massacre de Tutsi, comme en 1972, et engage une répression très dure et massacre des Hutu.

Au total 50 000 à 100 000 personnes à majorité tutsi sont tuées, certaines sources parlent de 200 à 300 000 victimes Des partis politiques tutsi souhaitent que cet événement soit qualifié officiellement de génocide comme l’indique le Rapport S/1996/682 de la Commission internationale d'enquête au Burundi réalisé par l’ONU. Des milliers de citoyens burundais fuient vers le Rwanda, l'ex-Zaïre et la Tanzanie.

C'est le début d'une guerre civile. Le 14 janvier 1994, alors que Bujumbura vit au rythme des massacres, Cyprien Ntaryamira du FRODEBU est élu président pour calmer la situation et la première ministre Sylvie Kinigi reste en poste jusqu'à la nomination d'un uproniste, Anatole Kanyenkiko, le 11 février pour diriger un gouvernement d'Union nationale.

Le pays est un champ de désolation , 800 000 exilés et 180 000 déplacés à l'intérieur du pays. Le 6 avril 1994, l'avion qui ramenait le président Ntaryamira ainsi que son collègue rwandais Juvénal Habyarimana est détruit en plein vol par un missile.

Sylvestre Ntibantunganya est nommé président intermédiaire du Burundi le 30 septembre 1994. Le major Buyoya reprend le pouvoir par un coup d'État le 25 juillet 1996.

Espoir d'Arusha
Le 28 août 2000 est signé à Arusha, en Tanzanie, sous l'égide de Nelson Mandela un accord de paix. L'Afrique du Sud envoie 700 militaires pour veiller à la mise en place de l'accord et assurer la sécurité des membres de l'opposition de retour d'exil. Le 10 janvier 2001, une assemblée nationale de transition est nommée et son président est Jean Minani, président du Frodebu.

L'accord d'Arusha entre en vigueur le 1er novembre 2001 et prévoit, en attentant des élections législatives et municipales pour 2003 et présidentielles pour 2004, une période de transition de 3 ans avec pour les 18 premiers mois, le major Buyoya à la présidence et Domitien Ndayizeye du Frodebu au poste de vice-président avant que les rôles ne soient échangés.


L'alternance prévue fut respectée par Pierre Buyoya qui céda le pouvoir au bout de dix-huit mois. Les différents portefeuilles du gouvernement sont partagés entre Uprona et Frodebu. Le 4 février 2002, le Sénat de transition élit l'uproniste Libère Bararunyeretse à sa présidence.


Nouvelle donne
Malgré les critiques du comité de suivi des accords d'Arusha à l'encontre du gouvernement, en particulier en ce qui concerne la modification de la composition ethnique de l'armée et de l'administration, c'est-à-dire un rééquilibrage ethnique de ces deux institutions, l'exécutif Hutu-Tutsi fonctionne.


Cependant, le 7 juillet 2003, les forces hutu des CNDD-FDD Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie, en coalition avec le PALIPEHUTU-FNL Parti pour la libération du peuple hutu-Forces de libération nationale attaquent Bujumbura. 40 000 habitants fuient la capitale.

Un accord de paix , protocole de Pretoria est néanmoins signé le 15 novembre 2003 entre le président Ndayizeye et le chef des CNDD-FDD.


La principale branche de la rébellion CNDD-FDD entre au gouvernement, au sein duquel elle détient quatre ministères et dispose également de postes de haut rang dans les autres institutions, conformément à l'accord d'Arusha.


Le CNDD-FDD, dirigé par Pierre Nkurunziza, s'impose dès lors comme l'un des principaux acteurs politiques en obtenant la majorité absolue aux élections communales du 5 juin 2005 1 781 sièges sur les 3 225 à pourvoir avec 62,9 % des voix, contre 20,5% pour le FRODEBU et seulement 5,3% pour l'Uprona.

Le CNDD-FDD, majoritairement hutu, dispose désormais de la majorité absolue dans 11 des 17 provinces du pays. Une victoire sans appel qui annonce la recomposition du paysage politique après douze années de guerre civile et met un terme au long tête-à-tête entre l'UPRONA et le FRODEBU.

Mais le vote a aussi rappelé que certains rebelles PALIPEHUTU-FNL n'ont pas encore déposé les armes le jour du scrutin, 6 communes ont été la cible de violences. Ces opérations d'intimidation révèlent que la trêve conclue le 15 mai 2005 à Dar es Salaam avec les forces du PALIPEHUTU-FNL reste fragile.

Le CNDD-FDD remporta également les élections législatives du 4 juillet 2005 et les sénatoriales du 29 juillet. Nkurunziza est donc élu président le 19 août et investi le 26 août 2005.

Politique

Le Burundi est une république multi-partite à régime présidentiel où le Président occupe les charges de chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement , Sénat et Assemblée nationale partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

Paysage politique après la guerre civile

Au cours des dernières années, le paysage politique du Burundi a été dominé par la guerre civile qui éclata en 1993 et un long processus de paix et de transition vers la démocratie.

En novembre 1995, les président du Burundi, Rwanda, Ouganda, Zaïre maintenant République démocratique du Congo lancèrent une initiative régionale de négociations de paix au Burundi, sous l'impulsion de l'ancien président de Tanzanie, Julius Nyerere.

En juillet 1996, l'ancien président du Burundi, Pierre Buyoya, repris le pouvoir à la suite d'un coup d'État. Il suspendit l'Assemblée nationale, dissout les partis d'opposition et imposa un couvre-feu dans tout le pays. Le coup d'État fut largement dénoncé à l'étranger le Burundi fut l'objet de sanctions commerciales dont la suspension était conditionnée à un retour à un gouvernement constitutionnel.

Buyoya accepta de légaliser à nouveau les partis d'opposition mais la guerre entre l'armée régulière et les milices Hutu continua. En juin 1998, Buyoya promulga une constitution transitoire et annonça une coopération entre le gouvernement et l'Assemblée dominée par l'opposition.


Après la mort de Nyerere en octobre 1999, les leaders régionaux désignèrent Nelson Mandela comme médiateur du processus d'Arusha.

Le président actuel, Pierre Nkurunziza, un ancien chef rebelle des Forces pour la défense de la démocratie, fut élu sans opposition le 19 août 2005. Nkurunziza est le premier président élu démocratiquement depuis le début de la guerre civile, remplaçant le président de transition Domitien Ndayizeye.

Il importe de noter que Pierre Nkurunziza a été élu par les membres de l'Assemblée Nationale, eux-mêmes élus quelques jours avant dans une élection que 35% de la population en âge de voter avait boycotté à cause de la présence des génocidaires sur les listes électorales.

Élections communales du 3 juin 2005
Le 3 juin 2005, des élections communales ont été organisées au Burundi. Selon les résultats définitifs publiées le 23 juin par la Commission électorale nationale indépendante/

-le Conseil national pour la défense de la démocratie CNDD FDD, anciens rebelles hutu des Forces pour la défense de la démocratie obtient 57,3 % des voix et remporte 1781 sièges,


- devant le Front pour la démocratie au Burundi Frodebu, parti hutu du président Domitien Ndayizeye avec 822 sièges,


-l’Union pour le progrès national Uprona, Tutsi avec 260 sièges. Le taux de participation atteint 80,60 %.
Gouvernement d’août 2005


Depuis son entrée en fonction le 26 août 2005 le nouveau président Pierre Nkurunziza a mis en place un gouvernement en associant les autres partis politiques ainsi qu'une forte représentation des femmes , 7 femmes sur 21 ministres. Le gouvernement s'est donné pour priorité d'éradiquer la corruption qui sévit dans le pays.

Réconciliation nationale
Le 14 mars 2006, la ministre burundaise de la Justice, Clotilde Niragira, annonce la libération d’un dernier groupe de 1 864 prisonniers politiques , essentiellement des Hutus accusés de massacres de Tutsis, indiquant que La Commission chargée d’identifier les prisonniers politiques a terminé son travail .


Ces nouvelles libérations portent à 3 299 le nombre de détenus libérés depuis janvier dans le cadre de la politique de réconciliation nationale.


Cependant, les ligues de droits de l'homme et un certain nombre d'autres organisations de la Société Civile estiment que ces libérations constituent une violation grave de la Convention de Génève pour la Répression du Crime de Génocide.


La raison avancée est que presque toutes les personnes libérées sont accusées de génocide, un crime inaministiable et imprescriptible.

Cette position est partagée unanimément par les survivants du génocide contre les tutsi commis par le FRODEBU, le CNDD-FDD, le PALIPEHUTU, FNL, et les autres organisations génocidaires de la région.

Pouvoir exécutif
Le président est élu par le peuple et nomme les deux vice-présidents qui forment, avec le Conseil des ministres, la branche exécutive du pouvoir.

Pouvoir législatif
L'Assemblée nationale est composée de 118 membres, élus à la proportionnelle avec un quorum de 2 %, pour un mandat de cinq ans. Le Sénat compte 49 membres élus pour cinq ans par un collège électoral réunissant les conseillers communaux.

Des sièges supplémentaires peuvent être ajoutés aux deux chambres pour garantir une bonne représentation des ethnies et des sexes. Les partis comportent généralement une forte connotation ethnique.


Le Burundi est une république multi-partite à régime présidentiel où le Président occupe les charges de chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement Sénat et Assemblée nationale partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.


Réconciliation nationale

Le 14 mars 2006, la ministre burundaise de la Justice, Clotilde Niragira, annonce la libération d’un dernier groupe de 1 864 prisonniers dits politiques, essentiellement des Hutus accusés de massacres de Tutsis, indiquant que La Commission chargée d’identifier les prisonniers politiques a terminé son travail .

Ces nouvelles libérations portent à 3 299 le nombre de détenus libérés depuis janvier dans le cadre de la politique de réconciliation nationale.

Nouveau code pénal

Le 22 novembre 2008, le parlement du Burundi a adopté un nouveau code pénal prévoyant l'abolition de la peine de mort ainsi que des dispositions de droit international contre le génocide, les crimes contre l'humanité et de guerre.

Ce nouveau code pénal marquait un changement dans le domaine des droits des homosexuels puisqu'il prévoyait de pénaliser l'homosexualité qui était jusqu'alors tolérée


Subdivisions
Le Burundi est divisé en 17 provinces, 117 communes et 2 638 collines. La capitale, Bujumbura, est également la ville la plus peuplée. Les autres villes importantes sont Gitega, Muyinga, Ngozi et Ruyigi.

Géographie
Situé sur un plateau au cœur de l'Afrique, le Burundi jouit d'un climat équatorial tempéré par l'altitude 1 700 mètres en moyenne au centre, plus bas en périphérie. Le Mont Heha, au sud-est de Bujumbura, culmine à 2 670 mètres.

Une bande de terre longeant le fleuve Ruzizi, au nord du lac Tanganyika, est la seule région dont l'altitude est inférieure à 1 000 mètres. Cette région fait partie du Rift Albertine, extrême ouest de la Vallée du grand rift.

Économie
L'économie du Burundi est principalement rurale, basée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage. La production agricole se répartit entre les produits destinés à l'export, comme le café, le thé et le coton, et la culture vivrière.

La population dépend à plus de 90% de cette agriculture, qui représente plus de 50% du PIB 800 M.US$ en 1999. L'industrie comptait pour 18% du PNB en 1999, et les services 32%.

La population active a été multipliée par deux entre 1990 et 1999, passant de 2 millions de personnes à 4 millions ; une personne sur deux est une femme, et la moitié de la population active a entre 10 et 14 ans.


Crise économique et pauvreté

La période de guerre civile qui débute par les troubles d'octobre 1993, doublée par l'embargo décrété par les partenaires économiques du pays en 1996, ont fait régresser le PIB d'environ 20% entre 1993 et janvier 1999 date de fin de l'embargo.

Dans la même période, le taux d'investissement est passé de 18% à 6%, l'inflation est passée de 4% avant la crise à 21% en 1999. La crise a également fait diviser par trois le niveau de l'aide publique au développement, la faisant passer à moins de 100 M.US dollards.


En parallèle, la dette extérieure s'est envolée ,1,12 G.US$ en 2000 et les intérêts de la dette absorbaient au début des années 2000 plus de 50% des recettes d'exportation.

Le pays se trouve classé parmi les huit pays les plus pauvres du monde. La situation s'est notablement aggravée depuis 1993, le taux de pauvreté grimpant de 35% à plus de 56% en moyenne dans la population rurale, avec des disparités selon les provinces. Ce taux de pauvreté a doublé chez les urbains, il était estimé à 63% de la population en 1998.

Commerce international

Les principaux partenaires du Burundi à l'export sont chiffres estimés pour 1999 l'Allemagne 17%, la Belgique 14%, les États-Unis 8%, la Suisse 4%. Le volume des exportations représente 32 M.US$ en 2000.

Le pays importe des produits notamment depuis la Belgique 20%, la Zambie 11%, le Kenya 8%, l'Afrique du Sud 5%, la France 4% chiffres estimés pour 2000. Le volume des importations représente 110 M$ en 2000, ce qui donne un déficit du commerce extérieur de 78 M.US$.

Démographie
Il y un million d'habitant dans la Capitale qui est Bujumbura en 2008.


Religion
La composition religieuse est la suivante , catholiques romains 62%, protestants 5%, religions indigènes 23%, musulmans 10%.

Réfugiés au Burundi
Le Burundi a abrité près de 32 000 réfugiés et demandeurs d’asile en 2007 et la plupart provenaient de la République Démocratique du Congo , Congo-Kinshasa et les autres du Rwanda.


Au cours de cette même année, près de 18 900 réfugiés et demandeurs d’asile vivaient dans quatre camps dirigés par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et les autres vivaient dans des lieux prédéterminés et dans des régions urbaines.

Tel que décrit dans le World Refugee Survey 2008 du Comité américain pour les réfugiés et les immigrants U.S. Committee for Refugees and Immigrants, les réfugiés devaient obtenir des permissions et certains documents lors de leurs déplacements à l’extérieur des camps qui ont limité leur capacité à travailler.

Culture
Au Burundi la culture est basée sur les traditions locales et influencée par les pays voisins. Toutefois,l'importance de la culture a été entravée par de nombreux troubles civils. L'agriculture étant la principale industrie au Burundi, un repas burundais typique se compose de patates douces, maïs et pois.

En raison de son coût, on ne mange de la viande que quelques fois par mois. Lorsque les Burundais se retrouvent avec quelques intimes, ils boivent de l' impeke, une bière, servie dans un pot unique. Chaque personne y trempe sa paille en symbole d'unité.

Le kirundi, le français et le swahili sont parlés dans tout le Burundi. Au Burundi, le taux d'alphabétisation est faible, en raison de la faible scolarisation des enfants. Dix pour cent de garçons burundais ont droit à un enseignement secondaire.

La tradition orale est forte et relaie histoire et leçons de vie grâce aux contes, à la poésie et au chant. L'Imigani, l'indirimbo, l'amazina et l'ivyivugo sont quelques uns des genres littéraires existants au Burundi.

Art

L'artisanat est une importante forme d'art au Burundi. La vannerie est très populaire ainsi que les masques, boucliers, statues et poteries faites par les artisans locaux. Le Burundi produit un artisanat très riche, fin et attrayant dont certaines formes sont tout à fait inédites.

Les Burundais n’ont développé que récemment les arts plastiques proprement dits. On trouvera néanmoins à Bujumbura et à Gitega de forts talentueux artistes capables de sculpter de jolies scènes de village sur des bas-reliefs en bois et quelques peintres de paysages aux lointains bleutés.

Tambourinaires du Burundi

Le tambour est une partie importante de l'héritage culturel burundais. Le célèbre Royal-Tambours du Burundi, qui s'est produit plus de quarante ans, est connu pour ses tambours traditionnels comme l'amashako, l'ibishikiso, et l'ikiranya.

La danse accompagne souvent les performances du tambour, musique populaire des célébrations et réunions de famille.

L'abatimbo, dont on joue lors des cérémonies officielles et des rituels, et le rythme rapide de l'abanyagasimbo sont de célèbres danses burundaises. À noter également la flûte, la cithare, l'ikembe, l'indonongo, l'umuduri, l'inanga, et l'inyagara.

La réputation des tambourinaires a dépassé les limites du Burundi pour devenir internationale. En Afrique, ils symbolisent même la bonne orchestration du tambour.

Leur art est sacré. Il est aussi profane. C'est un lien mystique entre un pays, un peuple et un instrument. Ingoma , c'est à la fois le tambour et le royaume.

Les tambourinaires du Burundi forment généralement un groupe de vingt personnes.


Ils entrent en scène leur tambour sur la tête. Disposés en arc de cercle autour du tambour central, ils attendent son signal. Alors chacun bat son rythme dans une harmonie surprenante. Le tambourinaire soliste, celui qui bat le inkiranya ou tambour central, exécute une danse où se mêlent fantaisie et gravité.

Danse guerrière, sa gestuelle est significative. Le soliste par moment mime le geste de se trancher la gorge. Ceci traduit son attachement à son pays , Que je meurs si je trahis .

Les tambourinaires du Burundi manient aussi l'humour, la satire. Le danseur soliste se transforme en un gentil clown marchant sur les mains, empruntant une démarche caricaturale, et faisant des clins d'œil au public.
Danses traditionnelles féminines


Chaque danse féminine urwedengwe, ihunja, umutsibo, amarwandama, ou masculine (ingoma, agasimbo, ou danse acrobatique du Buragane, intore ou danse -parade des guerriers, umuyebe, a une signification qui lui est propre et qui correspond à un événement précis ou à une profession bien déterminée.

Le chant, le rythme, l’expression corporelle, les mines sont autant de signes distincts adaptés à chaque circonstance et recherchés pour toucher à la fois le sens esthétique et l’esprit.

Les dames et demoiselles montrent des évolutions chorégraphiques dans lesquelles l’élégance et la souplesse des inyambo c’est-à-dire les vaches aux longues cornes, bêtes quasi sacrées dans le Burundi traditionnel rivalisent avec les trépidations du train-train de la vie rurale que mènent les Burundi.

Monuments

À Bujumbura, montez au Belvédère sur la colline surplombant la ville et vous visiterez le mausolée Prince Louis Rwagasore, fondateur du parti Uprona et héros de l’indépendance du Burundi.

À 10 km de Bujumbura vers le sud, vous vous arrêtez à un haut lieu d’histoire. C’est ici où une pierre a été dressée pour commémorer la rencontre des célèbres explorateurs Stanley et Livingstone.


À 114 km de la capitale, sur la route Bujumbura-Ijenda-Matana, vous arrivez à Rutovu, où est érigée une pyramide sur la source la plus méridionale du Nil à plus de 2000 m d’altitude.

À Bujumbura, on peut découvrir de nombreux monuments , la faille de Nyakazu, les chutes de Karera, les points de vues sur le lac Tanganika à Vyanda ou à Kabonambo, les plantations de thé à Teza, ou à Rwegura, le lac artificiel sur ce même site est d’une rare beauté.

Musées

On ne pourra quitter ce pays aux riches traditions sans visiter les deux musées de Gitega et de Bujumbura.

Situé dans la deuxième ville du pays, Gitega, le Musée National conserve depuis 1955 une magnifique et riche collection ethnographique constituée d’objets liés à la royauté et à la cour tels qu’ils subsistaient dans la première moitié de XXe siècle, une collection archéologique ainsi que des photos, historiques.

Vous y verrez réunies les plus anciennes photos des rois, princes et reines du siècle dernier.

Elles sont entourées d’une multitude d’objets ayant appartenu aux hommes et aux femmes de ce pays , parures, bijoux, paniers de toutes les régions, pots en terre pour une infinité d’usages, calebasses pour puiser ou pour barrater, lances pour la guerre et la chasse, instruments de forge et de sculpture, enfin les premières pièces de monnaie datant des diverse colonisations.

À Bujumbura, le musée vivant tout près du lac reprend une grande partie de ces objets dans un cadre plus vaste entouré d’un magnifique jardin.

L’artisanat ancien et moderne y est représenté dans des jolies petites cases mais la pièce maîtresse de ce musée est la reconstitution en grandeur réelle d’une habitation de type royal.

On visite toutes les cours attenantes à la maison principale puis la hutte ronde couverte d’un toit en dôme tressé et recouverte d’une épaisse couche de chaume.

Le Musée vivant possède également une volière où vivent quelques espèces d’oiseaux du Burundi et un centre de recherches herpéthologiques qui expose dans ses grandes fosses et vitrines beaucoup d’espèces de reptiles. Il est devenu un des plus importants centres d’Afrique avec sa collection enrichie depuis 1988.


Tourisme

Parc national de la Kibira
Perché sur la crête Zaïre-Nil avec 40.000 hectares de forêt préservée, ce parc est la plus grande région naturelle encore intacte au Burundi. D’une grande richesse végétale, le parc abrite plusieurs familles de chimpanzés, de babouins, cercopithèques et colobes noirs, ils courent en tous sens à l’arrivée des visiteurs défiant toutes les lois de l’équilibre.


Les 180 km de pistes permettent la surveillance motorisée du massif forestier et l’accès facile aux touristes. On pourra s’enfoncer avec les gardes du parc dans les sous-bois sombres pour découvrir de l’intérieur les charmes de la forêt primaire, accompagné tout au long de la marche par le chant magnifique des oiseaux.


À l’intérieur du massif se trouve également une source d’eau thermale. L’accès au parc se fait à travers les immenses plantations de thé de Teza et Rwegura qui constituent déjà un véritable spectacle.

Le Parc National de la Ruvubu
Le Parc national de la Ruvubu, situé de part et d’autre de la rivière Ruvubu, encadré de hauts massifs montagneux, a été libéré de tous ses habitants et rendu à la vie sauvage. Le réseau de pistes de 100 km environ permet d’atteindre de nombreux observatoires.

Réserve gérée de la Rusizi
La réserve gérée de la Rusizi est proche de la capitale Bujumbura. Le delta de la Rusizi sur 500 ha est constitué d’une végétation de Phragmites mauritanus, il est parcouru par quelques familles d’antilopes et par des hippopotames en quête de pâturage.

La palmeraie de la Rusizi sur la route de Cibitoke, à 10 km de Bujumbura ouvre ses horizons tout aussi exceptionnels. Il existe une végétation acclimatée à une faible pluviosité des épineux et des euphorbes et de majestueux palmiers Hyphane bengalensis var ventricosa.

Au sein de la réserve se trouvent des étangs naturels formés par d'anciens méandres de la Rusizi où des centaines d’oiseaux viennent se nourrir de poissons.

Réserve naturelle de Bururi
La réserve naturelle de Bururi couvre une superficie de 3300 ha. C'est une forêt humide d’altitude. 117 espèces d’oiseaux et 25 espèces de mammifères ont été identifiées dans cet ensemble forestier d'une grande variété.

Située à seulement 33 km de Rumonge, la route qui mène depuis les bords du lac jusqu'à la réserve.
Les réserves naturelles forestières de Rumonge, Kigwega et Mugara sont en cours d’aménagement pour permettre aux chimpanzés et aux cercopithèques d’y trouver assez de nourriture pour y rester et se multiplier.

Il existe une chute d’eau thermale, située dans la réserve de Mugara. Les plages du Tanganika, toutes proches, sont propices à la baignade.


Réserve naturelle gérée du lac Rwihinda
La réserve naturelle gérée du Lac Rwihinda est un véritable sanctuaire pour les oiseaux aquatiques migrateurs qui viennent s’y reproduire. Tous les oiseaux désormais protégés grâce à un effort d’aménagement des bords du lac, nichent maintenant de plus en plus nombreux sur les îlot verdoyants et les marécages tout proches

Les grues couronnées et les hérons vivent ici des jours paisibles. Des barques mise à votre disposition vous feront approcher, sans les effrayer, la plus grande variété d’oiseaux possible.

Faille de Nyakazu et chutes de la Karera


Sur le massif de Nkoma situé dans la province de Rutana au sud-est du Burundi, se distinguent deux aspects naturels exceptionnels. D'une part, les chutes de Karera et d'autre part la faille de Nyakazu.


Au sud-est du Burundi, dans la province de Rutana, commune de Mpinga-Kayove, sur la colline de Shanga, se trouvent les chutes de Karera. Ces chutes sont orientées du nord au sud et s'étendent sur 142 ha. Elles sont subdivisées en six branches et réparties sur trois paliers.

Sur un premier niveau, se trouve une chute principale subdivisée en deux branches parallèles d'une longueur estimée à 80 m environ qui se déverse sur un bassin. Cette chute comprend plusieurs cascades de tailles différentes entrecoupées de deux plates-formes.

À l'ouest de cette chute principale se trouve une autre cascade moins importante de 50 m environ. Les eaux de ces deux chutes convergent sur un deuxième palier pour former la troisième cascade qui se déverse sur la vallée.


Ces eaux coulent à travers une galerie forestière entourée d'une savane à Parinari curatellifolia et Pericopsis angolensis et de grands arbres tels que le Newtonia buchananii. C'est à partir de 1980 que les chutes de Karera ont été instituées en aire protégée.

La faille de Nyakazu s'ouvre sur la dépression du Kumoso. C'est une entaille dans le massif de Nkoma qui surplombe la plaine et se prolonge à la frontière avec la Tanzanie. Cette faille est d'origine tectonique récente et s'étend sur 600 ha. Elle présente une structure exceptionnelle et on y trouve des vestiges historiques d'un fort allemand.


On observe également une chute saisonnière imposante d'une hauteur de plus de 100 m qui se déverse sur une vallée couverte d'une forêt constituée de différentes espèces notamment Entandrophragma excelsum.

Autour de la faille, il existe une forêt claire à Brachystegia. C'est une zone de conservation des arbres de haute altitude qui jouit d'un microclimat particulier.

Les espèces de faune ne sont pas toutes inventoriées, mais on y observe des mammifères et des espèces ornithologiques. Les vestiges du fort allemand constituent un prestige historique, une structure impressionnante.

Pierre de Stanley-Livingstone

Le docteur Livingstone, je présume .Oui, je suis heureux d'être ici pour vous accueillir
Cela se passait le 25 novembre 1871 à Mugere, à une dizaine de kilomètres au sud du site de la future Bujumbura qui n'allait naître que quelques décennies plus tard sous le nom de Usumbura.


Une pierre fut érigée sur place pour immortaliser la rencontre entre le célèbre savant et le jeune reporter Stanley, parti à sa recherche.

Le lac Tanganyika

Le lac Tanganyika, ou Tanganika est l'un des Grands Lacs d'Afrique, deuxième lac africain par la surface après le lac Victoria, le deuxième au monde par le volume et la profondeur après le lac Baïkal. Il est le plus poissonneux du monde.


Ses eaux rejoignent le bassin du Congo puis l'océan Atlantique. On estime que sa formation remonte à environ 20 millions d'années Miocène.

Son nom, Etanga'ya'nia en bembé , ou kibembe, signifie lieu de mélange . Richard Francis Burton et John Hanning Speke furent les premiers Européens à l'apercevoir et décidèrent de conserver son nom d'origine, contrairement à l'usage en vigueur à l'époque. Burton s'attribua seul la paternité de la découverte, ce qui brouilla les deux hommes à vie.

Géographie

Le lac Tanganyika couvre une superficie de 32 900 km² approximativement la même superficie que la Belgique et s'étire sur 677 km le long de la frontière de la Tanzanie à l’est et de la République démocratique du Congo à l'ouest , son extrémité nord sépare ces deux pays du Burundi, son extrémité sud les sépare de la Zambie. On retrouve à l'ouest n , côté congolais, les monts Mitumba.

Il est situé sur la branche occidentale de la vallée du Grand Rift. Sa température de surface est de 25 °C en moyenne pour un pH avoisinant 8,4. La profondeur ainsi que la localisation tropicale du lac empêchent le renouvellement total des masses d'eau et la plus grande partie des eaux profondes sont des eaux fossiles et anoxiques.

Le lac Tanganyika fait maintenant partie du bassin hydraulique du fleuve Congo. Il s'y déverse par son émissaire, la Lukuga. Jusqu'en 1878, cette rivière se jetait dans le lac, mais des mouvements tectoniques, et surtout la montée du niveau de l'eau, en ont inversé le sens vers le Congo.

Le bassin drainant du lac Tanganyika couvre une superficie de 250 000 km². Les principales rivières qui l'alimentent sont la Malagarazi, la Rusizi, la Ifume, la Lufubu et la Lunangwa qui y déversent 24 km d’eau par an , les pluies, quant à elles, en apportent 41 km par année. La Malagarazi est plus ancienne que le lac lui-même et se trouvait auparavant dans le prolongement du Congo.

Faune et flore

Le lac Tanganyika abrite au moins 250 espèces de poissons cichlidés , Neolamprologus, Paleolamprologus, Altolamprologus, Xenotilapia, Julidochromis, Telmatochromis, Tropheus, Petrochromis et 150 espèces de non-cichildés Stolothrissa, Limnothrissa, dont la plupart vivent le long de la côte jusqu'à environ 180 mètres de profondeur.

La plus grande part de la biomasse se situe dans la zone pélagique et est dominée par six espèces , deux espèces de sardines du Tanganyika et quatre espèces de lates. La quasi totalité des espèces de cichlidés sont endémiques et plusieurs sont appréciées comme poissons d'aquarium.

Le Cobra d'eau Boulengerina annulata stormsi, espèce endémique est un reptile adapté à la vie sub-aquatique, comme les serpents marins des récifs coralliens. La partie terminale du corps est comprimée latéralement afin de faciliter la nage.


Jeune, il se nourrit volontiers de Neolamprologus vivant dans les coquilles de Neothauma tanganicense escargots endémiques du lac Tanganyika , adulte, il n'hésite pas à s'attaquer à des proies beaucoup plus imposantes.


Transports et loisirs
Transports
En avion
Situé à 10 km du centre ville, l'aéroport International de Bujumbura est desservi par 7 compagnies aériennes /

Ethiopian Airlines depuis l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Nord Washington DC via Addis-Abeba.


Air Burundi depuis la région des grands-lacs Entebbe et Kigali.

Kenya Airways depuis l'Europe, l'Asie et l'Afrique via Nairobi.

Interlink Airlines depuis Jeddah, Le Cap et le Parc national Kruger via Johannesburg.

Rwandair Express depuis le Rwanda Cyangugu, le Kenya Nairobi, l'Ouganda Entebbe, la Tanzanie Kilimanjaro et l'Afrique du sud Johannesbourg via Kigali.

SN Brussels Airlines depuis l'Afrique,l'Europe,l'Asie,l'Amérique du nord et l'Amérique latine via Bruxelles

Informations supplémentaires

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