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 Le blog de Léonce Lebrun

Ils sont restés, revenus, ou venus faire fortune dans une Afrique pauvre, dit-on « indépendante « Ces personnes mènent la grande vie en autarcie. Ce sont les expatriés, gardiens d’un néo colonialisme qui prolonge un francafrique voulant  perdurer avec la complicité des dirigeants  corrompus.

Alors qu’en terre caraïbéenne, le touriste indo européen se comporte en terrain conquis...

A l’inverse il y cette population africaine venue  en Europe pour grossir la masse des sans papier à l’existence plus que précaire…

Et donc pour sortir de l’impasse, je leur conseille avec toutes les minorités ethniques (afro descendants, maghrébins, asiatiques) de tenter une plate-forme commune pour donner une existence concrète à ce Communautarisme tant vilipendé par toutes les tendances de l’échiquier politique national …

Comment la presse nationaliste habitue-t-elle son lectorat à penser l'Empire...

 

Les Français sont incultes sur la question coloniale à l'époque. Très peu s'intéressent aux questions de développement, aux infrastructures, à l'économie coloniale, aux cultures  indigènes  ou aux statistiques  incroyables .

 

 Que connaît un Français sur l'Empire en 1920 . Peu de choses. C'est une époque où l'on ne voyage pas aux colonies ou très peu, seule une élite a cette chance.

 

Les gens ne sont pas connaisseurs du fait colonial, à part quelques explorateurs, quelques fonctionnaires ou militaires et bien sûr les colons qui vivent dans les colonies. En France, on a une vision très exotisante de l'Empire, à l'opposé des Anglais qui ont déjà une vieille culture impériale. On est sous le charme, mais on ne connaît pas.

 

Il faut donc développer les colonies, proposer aux entrepreneurs français d'y investir, élaborer des stratégies diplomatiques et pour cela il faut  vendre  les colonies aux Français.

 

Il y a certes l'Agence économique des colonies qui a pour mission de promouvoir les colonies par une propagande active. Mais, dans les partis politiques, dans la presse, il y a peu de spécialistes.

 

 La propagande dans la presse, très politique à l'époque, va se faire en balbutiant : ces gens ne sont pas des spécialistes de la question coloniale, ils vont trouver un espace dans leurs médias pour défendre  leur vision impériale , ils vont tâtonner, écrire quelques articles…

 

Et, petit à petit, ils vont en faire un vecteur majeur de la pensée nationale. Ils vont construire une pensée en même temps qu'ils l'élaborent. Notamment à la droite de la droite de l'échiquier politique, où désormais être nationaliste, c'est être colonialiste.

 

 À cet égard, l'effet rebond de l'Exposition coloniale internationale de 1931 a été majeur et aura influencé toute la génération nationaliste des années 30. Mais, déjà, la guerre du Rif (1924-1925) et la lutte contre le Bolchevisme au cours de ce conflit ont été un premier moment de prise de conscience.

 

Après l'Exposition coloniale internationale de 1931  l'événement qui a fédéré le plus de Français dans toute l'histoire du XXe siècle : 8,5 millions de visiteurs et 33 millions de tickets vendus –, tous vont commencer à faire de leur lectorat des habitués de la question coloniale.

 

 Quand on travaille sur ces médias, on voit monter en puissance la volonté de structurer un discours qui légitime l'Empire. Cette mécanique passe par la presse, seul territoire où l'on peut parler à la fois technicité et récit national.

 

 Cela s'organise en plusieurs temps  une période de découverte (1925-1931) ; une période de prise de conscience (1932-1936)  une période de forte propagande et d'engagement (1937-1944).

 

Les lecteurs et les militants se mettent à se passionner pour l'Empire. Des congrès ont lieu dans les colonies notamment en Algérie, qui pour beaucoup de partis d'extrême droite est bien souvent l'une des trois premières fédérations régionales en termes de militants.

 

Il faut surenchérir, montrer qu'on a une vision pertinente pour mettre en valeur nos colonies. Les populistes d'extrême droite, associée aux colons et au milieu d'affaires coloniales, empêchent de faire passer toute loi qui donnerait le droit de vote aux colonies comme le projet Blum-Viollette en 1936-1937.

 

 L'Empire, pour eux, c'est aussi l'aboutissement de la domination blanche, l'affirmation de la suprématie blanche, le moyen d'éviter le déclin de l'Occident et un espace de victoire pour l'Armée française.

 

 C'est enfin un moyen de contrôler le  flot montant des peuples de couleurs  et de faire de la France une puissance-monde.

 

Au début des années 30, à côté de la droite classique (notamment de la Fédération républicaine), a émergé une droite nationaliste et ligueuse, symbolisée par les Croix-de-Feu futur PSF parti social français, la Solidarité française, les Jeunesses patriotes fascinées par Mussolini, le parti Franciste qui admire le parti nazi, puis arrive en 1936 le Parti populaire français PPF de Jacques Doriot qui vient du PCF…

 

 Le slogan du PPF c'est  Le parti de l'Empire . C'est un retournement majeur. Tous ces mouvements ont des journaux ou sont proches de journaux.

 

À partir de 1933/1934, la droite va commencer à structurer dans ses journaux des éditoriaux, des lettres internes, des rubriques dédiées…

 

 On glorifie les héros coloniaux. Lyautey, Gouraud, Brazza deviennent des figures du nationalisme français. Et ainsi commence à se distiller l'idée que l'espace colonial est essentiel à la pensée nationale. Le lecteur commence à y croire.

 

Au même moment, les colonies luttent contre le communisme et contre le Komintern (en Indochine notamment) ou contre le nationalisme des colonisés. Il y a alors une adéquation entre la lutte contre le communisme naissant et la construction, grâce à l'Empire, d'une idée nationale forte et puissante.

 

 Prenez l'exemple de René Maran, prix Goncourt en 1921 (premier Français noir à recevoir ce prix pour son roman Batouala, qui critique les excès du colonialisme), qui finit par écrire dans la rubrique coloniale du journal fasciste Je suis partout.

 

Sans aucun doute l'un des plus marqués à l'extrême droite à l'époque, en tout cas non-conformiste et profondément antisémite. C'est un monde où il faut choisir son camp  fasciste ou communiste. Et c'est dans ce monde que va se construire, article après article, rubrique après rubrique, une pensée coloniale.

 

La propagande s'est institutionnalisée dans le même temps. Être impérial et colonial dans les années 30, c'est être un bon Français. C'est une culture commune à la droite et à la gauche. C'est ainsi que la pensée commune rejoindra la pensée des extrêmes.

 

Le maréchal Pétain au pouvoir en 1940, ne renie pas cette idée. En 1940, la France sait ce que l'Empire lui a apporté le processus a fonctionné.

 

Vichy a été le régime le plus pro-impérial qui soit. La propagande battra son plein pendant quatre ans alors que Vichy perd peu à peu le contrôle de l'Empire.

 

 Le 17/08/2017

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