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MOI2

Le point de vue de Léonce  Lebrun

 

Le" privilège blanc".

 

Comme je l’ai rappelé précédemment, la France  est championne toutes catégories du vocabulaire conduisant à des tensions touchant les minorités ethniques résidant dans ce pays

 

Il y a eu d’abord le Communautarisme, dont on attend toujours  les explications approfondies des Pouvoirs publiques portant   sur les communautés visées, et la dangérosité de se rassembler pour défendre leurs intérêts en application des règles définies par la loi du Premier juillet 1901 sur les Associations.

 

Puis a fait son apparition le Séparatisme faisant l’objet d’une loi débattue au sein des assemblées institutionnelles, qui s’adresse maladroitement au monde musulman...

 

...responsable du déficit de tranquillité, dont le Pouvoir s’arroge le droit de s’immiscer dans la fonctionnement des règles du Coran...

 

...malgré le mécontentement des fidèles de cette Religion, contrairement à la séparation de l’Etat et des Eglises dans un strict respect de la laïcité.

 

Oui mais le « nouveau monde » s’autorise un comportement anticonstitutionnel sous prétexte de « liberté d’expression » et de défense des fondamentaux de la République.

 

Mais de qui se moque t-on pour installer l’idée qu’à peine 5 à 10% d’une population est capable de renverser un régime par la force ou la voie des urnes.

 

Avant des poursuivre nous touchons le cœur du débat avec un régime bourgeois et monarchique menacé de perdre ses privilèges par quel que groupe organisé, maghrébin, africain ou afro descendant

 

Et nous voilà plongés dans un univers inconnu avec la consécration officielle du concept « privilège blanc »...

 

...rejoignant l’expression américaine de « suprématie de la race blanche » un exercice périlleux dans sa formulation...

 

...mais non dénoncé par aucun homme politique de quel que bord.

 

Alors l’Exécutif peut brandir la menace d’une violence ascendante dans la population de la France de nos jours...

 

...mais ça ne peut être que des déclarations électoralistes, car il a tout fait pour mettre la pression sur les minorités par son concept anxiogène de « privilège blanc » ...

 

...qui en tout état de cause est adressé au bénéfice de la population indo- européenne majoritaire dans ce pays.

 

Car avec le temps passe « les chiens de font pas des chats » et pour comprendre le jeu du groupe français désigné « Génération identitaire » et son fondement, revisitons l’Histoire... 

 

...nous sommes en 1791à Haïti (ex Saint Domingue) colonie française dans la Caraïbe...

 

 

...la colère des esclaves monte en puissance, la panique est installée dans le camp des colons français...

 

...la Convention met un terme à l’Esclavage en 1794  ce qui pousse tous ces possesseurs d’esclaves (Saint Domingue, Guadeloupe, Martinique) à un exode massif en direction des Etas Unis d'Amérique

 

Ils s’installent dans le sud de ce pays et seront  les fervents  soutiens, partisans engagés à côté des Confédérés...

 

...en conflit avec le Gouvernement fédéral, farouchement opposés contre l’abolition de l’Esclavage touchant les Africains.

 

Mais avec la fin de la guerre civile en 1865 et l’écrasement des confédérés par les troupes de L’Union fédérale...

 

...ces sudistes n’ont pas abandonné leur conviction de suprématie blanche ...

 

...en créant un clan dénommé KU KLUX KLAN, féroce et hyper raciste.

 

Et ramenons ce débat en France nous observons que le groupe dénommé » Génération identitaire » est ni plus ni moins que...

 

... les mutants du KU KLUX KLAN avec la même conception raciale vis-à-vis des étrangers non indo européens.

 

Ils ne sont pas nombreux certes,  mais bien organisés,très agressifs et appelés à se développer....

 

...avec l’apport de cette doctrine gouvernementale qu’est « le privilège blanc »

 

Dans ce cas, le communautarisme a un long avenir dans ce pays...

 

...car avec ces hommes dont la stratégie de l’écrevisse  conseillée par Grand -mère ...

 

...doit être remplacée par la charge du rhinocéros avec intelligence mais  sans faiblesse.

 

https://www.youtube.com/watch?v=c13q2wYZr_0

Entreprises françaises en Afrique

 

 

Un forum alternatif et citoyen  s’est tenu en marge du XXIIIe sommet Afrique-France de Bamako , Mali, fin novembre. Les participants y ont dénoncé le néocolonialisme  de Paris, notamment le soutien à certains régimes autoritaires , Togo, Gabon.

 

 Cette contestation de l’ingérence française se produit alors que des entreprises comme Pinault ou Bolloré, autrefois très présentes, semblent se désintéresser du continent sub saharien.

 

 En Afrique francophone, notre problème n’est pas d’identifier de nouveaux investisseurs privés, mais d’empêcher ceux qui sont là de partir. 

 

 Ce constat de M. Anthony Bouthillier, président délégué du Conseil des investisseurs français en Afrique sub saharien , CIAN, est confirmé par M. Jean-Pierre Barbier, directeur du département Afrique centrale, australe et océan indien de l’Agence française du développement  AFD. Le désinvestissement des entreprises françaises a bel et bien commencé, et a été accéléré par les événements en Côte d’Ivoire

 

En effet, en dehors des petits entrepreneurs, dont une partie a été ruinée par la dévaluation du franc CFA en 1994  , la présence économique hexagonale en Afrique se résume désormais à une vingtaine de groupes moyens et grands.

 

Parmi eux Bouygues et Vinci , construction, CFAO , distribution spécialisée, Rougier , bois, Total , hydrocarbures  , Castel ,bière, Dagris ,coton, la Compagnie fruitière, Bolloré et CMA-CGM , logistique et transport, Veolia , eau, Accor , hôtellerie, Air France, BNP Paribas, Société générale , banque...

 

Il est loin le temps où, durant la guerre froide, les groupes français, très bien implantés en Afrique francophone, contrôlaient plus de la moitié des marchés au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Cameroun ou au Sénégal, et enregistraient des profits considérables avec le soutien de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur, Coface.

 

 Au milieu des années 1980 encore, le Gabon représentait la moitié des réserves prouvées d’Elf Aquitaine, et des passerelles avaient été installées entre le service de documentation extérieure et de contre-espionnage, Sdece, le Quai d’Orsay et la compagnie pétrolière publique.

 

 En 1964, le rétablissement de Léon M’Ba à la présidence du Gabon, après un éphémère coup d’Etat, sera la première ingérence manifeste de la Françafrique  , mêlant intérêts politiques, économiques, commerciaux et appétits individuels, comme au Congo-Brazzaville, au Togo, en Centrafrique  .

 

 La corruption et la prévarication révélées par l’ affaire Elf  demeurent les symboles de ces douteux mariages effectués aux frais des populations locales 

Désormais, le retrait des entreprises françaises est sensible dans des secteurs longtemps dominés, comme l’exploitation de l’eau ou le bois. Ainsi, après avoir quitté la Guinée-Equatoriale et le Mozambique, et annoncé son retrait du Mali, Bouygues, via ses filiales Saur et Sodeci , souhaite se désengager de Côte d’Ivoire. Veolia, ex-Vivendi Environnement a cessé ses activités au Tchad, au terme d’un contrat de gestion de trois ans, après la renationalisation de la société locale.

 

 Cette nouvelle attitude des firmes de l’eau dépasse toutefois le cadre des relations franco-africaines, et s’inscrit, selon M. Maurice Bernard, chef de projet au département infrastructures et développement urbain à l’AFD, dans un mouvement général de retrait des sociétés multinationales issues des pays en développement, au profit de l’Europe, des Etats-Unis et des grands pays émergents d’Asie, l’Inde et la Chine .

 

Les opérateurs hexagonaux délaissent aussi le secteur forestier, dans lequel s’illustrèrent M. François Pinault et la famille de Bernard-Henri Lévy , Bolloré a vendu ses parts dans les plantations du continent, Thanry a cédé l’ensemble de ses concessions à des Chinois de Hongkong, sauf au Gabon ,  Leroy a été racheté par des Portugais...

 

 Reste Rougier, un groupe de taille intermédiaire, 146 millions d’euros en 2004, pour un résultat net de 1,4 million d’euros, plus petit, par exemple, que l’allemand Danzer. Enfin, les Français ont peu participé au récent bond  de l’investissement direct à l’étranger, IDE en Afrique subsaharienne.

 

 La France se classe en quatrième position, avec 4 % du stock d’IDE, contre 13 % pour le Royaume-Uni, 8 % pour les Etats-Unis, et 5 % pour les Pays-Bas  . Cette progression a surtout été le fait d’Asiatiques, d’Américains et de Sud-Africains, devenus les premiers investisseurs sur le continent, mais guère de Français , constate M. Barbier.

 

La géographie de l’implantation des groupes français en Afrique a, elle aussi, évolué : l’activité se porte désormais vers les bordures méditerranéenne, méridionale et orientale du continent, au détriment de l’Afrique de l’Ouest et centrale, plus pauvre, plus instable et moins peuplée.

 

 Dans certains pays, le retrait hexagonal est très marqué, comme en Centrafrique. Il n’y a pratiquement plus aucun secteur économique avec une présence significative des entreprises françaises , estime le ministre centrafricain des affaires étrangères Jean-Paul Ngoupandé  .

 

 Ainsi, sur les dix créations d’entreprises et les onze acquisitions réalisées ces cinq dernières années par CFAO , groupe Pinault-Printemps-Redoute, la plupart l’ont été dans le nord et l’est du continent. Bouygues a débuté sa réorientation vers l’Afrique du Nord à la fin des années 1980.

 

 Et le vice-président de Bolloré et président du comité Afrique du Medef international, M. Michel Roussin, également ancien ministre de la coopération de M. Edouard Balladur, d’expliquer.

 

 Désormais, les flux commerciaux en provenance d’Asie seront sans doute plus conséquents que ceux en provenance d’Europe, d’où l’importance accordée par le groupe Bolloré à l’Afrique de l’Est, en particulier l’Ethiopie, où il étudie l’implantation d’une première agence. 

 

Total lui-même, l’héritier d’Elf, clame qu’il a « normalisé » sa présence sur le continent. Le géant français réalise plus de la moitié de sa production quotidienne continentale – 813 000 barils équivalent pétrole , gaz compris, 30 % de son total mondial , au Nigeria et en Angola, hors de l’ancien ,  pré carré .

 

 Avec quelque 110 milliards de barils, l’Afrique détient 9,4 % des réserves pétrolières mondiales, contre 7,6 % en 1984. Or, dans ce secteur stratégique, la diversité des sources d’approvisionnement est vitale.

 

 D’où l’offensive de Pékin, dans le cadre de grands contrats d’Etat à Etat dépourvus de toute conditionnalité politique , Angola, Congo-Brazzaville, et les efforts de Washington pour s’assurer une part croissante du pétrole africain.

 

Total, qui reste le premier opérateur international privé du continent, se voit ainsi concurrencé par les Etats-Unis en Afrique francophone, comme au Tchad, et dans les nouveaux pays producteurs, comme en Guinée-Equatoriale.

 

Le désengagement français et sa réorientation ont plusieurs causes. En premier lieu, la chute du mur de Berlin puis l’ouverture vers l’est ont dirigé l’intérêt politique de Paris , et les flux financiers ,  vers l’Europe centrale et orientale. Très peu de groupes hexagonaux disposent encore d’une stratégie africaine .

 

 Hors pétrole, l’Afrique attire moins de 5 % des investissements étrangers directs de la France, elle n’est clairement plus stratégique pour nous , constate ainsi M. Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques ,  IRIS.

 

 Dans la compétition mondiale, l’Afrique subsaharienne se caractérise par l’étroitesse de son marché, avec un produit intérieur brut , PIB de quelque 248 milliards d’euros, inférieur à celui de l’Australie. La moitié des habitants n’y disposent que d’un dollar par jour  

 

En deuxième lieu, la normalisation  de la présence française est encouragée par l’ouverture à marche forcée du continent sous la houlette de l’Organisation mondiale du commerce , OMC.

 

 La globalisation fait tomber les remparts qui protégeaient les groupes nationaux de la concurrence internationale  marchés captifs , pharmacie, monopoles ou oligopoles transport aérien, téléphonie filaire, aides publiques , infrastructures, routine sans risque de certaines activités , banque de dépôt. Les Français doivent désormais affronter la concurrence, notamment celle des Chinois  

 

Demande de commission d’enquête 

 

Le secteur de la construction, est soumis à une telle compétition que le leader mondial Colas , groupe Bouygues, battu d’avance, ne prend plus la peine de participer à certains appels d’offres.

 

 L’aide de l’AFD étant déliée de toute condition de nationalité depuis le 1er janvier 2002, certains s’inquiètent de voir les Chinois rafler une part croissante des projets soutenus par cette institution.

 

 Leur présence  comme celle des Indiens, Malais et autres Asiatiques  pourrait pourtant dynamiser les entreprises françaises, remarque M. Roussin . C’est à nous d’être imaginatifs, de monter des joint-ventures, de proposer de nouveaux services. 

 

En troisième lieu, le redéploiement économique français s’explique par l’instabilité chronique du continent, que les événements de Côte d’Ivoire n’ont fait qu’illustrer. Une série de crises secoue l’Afrique de l’Ouest et centrale, zone privilégiée de la présence hexagonale, comme en Centrafrique ou en République démocratique du Congo .

 

 La vie des affaires est perturbée par l’incertitude juridique, les soubresauts politiques, la corruption, les difficultés des recouvrements. A Niamey , Niger, Veolia aurait le plus grand mal à recouvrer le tiers de la facture d’eau des institutions publiques, présidence et armée comprises.

 

 Le différentiel de compétitivité entre l’Afrique et la moyenne mondiale est de 20 %, en raison de coûts financiers plus élevés, de difficultés logistiques, du coût de l’encadrement expatrié et du facteur risque , résume M. Eric Dahlström, directeur des opérations Afrique et Moyen-Orient d’Imperial Tobacco , qui a racheté la branche tabac de Bolloré.

 

Enfin, à ces tendances générales s’ajoutent des difficultés spécifiques liées à l’histoire de la présence de la France sur le continent sub saharien. Le capitalisme postcolonial français a longtemps vécu de ses situations de rente et de ses relations privilégiées avec le politique , explique M. Hugon, de l’IRIS.

 

Protégé de la concurrence extérieure par ses positions monopolistiques et ses liens étroits avec le monde politique, le capitalisme français pouvait prospérer tranquillement. Or, quoiqu’on prête au premier ministre Dominique de Villepin de solides relations avec les réseaux vieillissants de la Françafrique.

 

 Lla tendance de fond est celle d’un désengagement continu de Paris et d’une disjonction progressive des sphères militaire, économique, politique et culturelle de la présence française en Afrique depuis le début des années 1980 , selon l’expression d’Achille Mbembé, chercheur à l’université de Witwatersrand, en Afrique du Sud.

 

Plusieurs députés français réclament d’ailleurs une commission d’enquête sur les comptes de la Coface, dont les dettes ne cessent d’augmenter   La Françafrique est morte, non pas terrassée par la vertu citoyenne, bien tardive à se manifester, mais de ses hésitations, de son incapacité à s’adapter à l’Afrique et au monde, qui ont profondément changé, confirment les journalistes Antoine Glaser et Stephen Smith  .

 

 La crise en Côte d’Ivoire a en outre révélé le ressentiment des populations locales contre les pratiques françaises, et la tentation des gouvernants de choisir d’autres partenaires.  

 

Cependant, le mélange des genres politico-économiques demeure une réalité dans certains cas. Ainsi, l’obtention, sans appel d’offres, de la concession du port autonome d’Abidjan par la SETV , Bolloré, début 2004, a fait couler beaucoup d’encre.

 

 Objet d’un véritable bras de fer entre des autorités politiques et économiques ivoiriennes concurrentes, le contrat de concession et d’exploitation du premier port d’Afrique de l’Ouest a finalement été attribué au groupe français, qui affirme s’être tenu à sa ligne de conduite officielle  la non-ingérence.

 

 Selon un ancien du groupe, ce renouvellement serait une compensation pour l’exploitation à perte, au plus fort de la crise traversée par la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, de la ligne de chemin de fer Sitarail conduisant de Ouagadougou à Abidjan.

 

 Dans l’ensemble, constate M. Paul Lignières, associé du cabinet d’avocats Linklaters, les entreprises françaises manifestent toujours une sensibilité un peu différente  de celle de leurs homologues étrangères , elles sont souvent plus attachées à leur indépendance vis-à-vis des financiers anglo-saxons que vis-à-vis des politiques français .

 

Le comportement des firmes nationales peine à s’adapter à une nouvelle donne qui, sous la pression des organisations non gouvernementales et des associations altermondialistes, fait une part croissante à la moralisation  des pratiques économiques en Afrique.

 

 Ainsi Total, qui a adhéré à l’Initiative sur la transparence des industries extractives lancée en 2002 à l’occasion du Sommet sur le développement durable de Johannesburg, ne participe pas à la campagne Publiez ce que vous payez , organisée par un groupe d’ONG.

 

 Coordinateur, en France, de cette campagne, M. Michel Roy estime que, en invoquant la non-ingérence et la confidentialité de ses contrats, Total tient un discours sur la transparence qui ne peut pas se traduire dans les faits .

 

 Du coup, le groupe français se trouve au vingt et unième rang , sur vingt-quatre des sociétés pétrolières les moins bien notées par ce collectif d’ONG.

 

 Or, constate Achille Mbembé, en Afriqueles gens veulent une autre culture politique, qui se traduise par le retour à des valeurs de base . Un désir qui s’exprime lentement . Il y a un progrès, au moins sur le plan rhétorique, car auparavant la corruption était niée. 

 

Désormais, les grands groupes peuvent être interpellés sur les résultats de leurs activités. Ainsi, dans son dernier rapport consacré à l’IDE en Afrique, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, Cnuced dresse un bilan très mitigé de la présence économique étrangère sur le continent .

 

 Divergences d’intérêts entre les Etats hôtes et les entreprises , comme le développement d’enclaves sectorielles dans le pétrole ou les mines, politique d’incitations fiscales préjudiciable aux rentrées budgétaires, et absence d’entraînement des capitaux étrangers sur le tissu local.

 

 Pour les Français, longtemps dominants, sinon seuls ,en Afrique francophone, le passif est lourd. Il décrédibilise le discours des entrepreneurs hexagonaux qui prétendent faire mieux que leurs concurrents asiatiques peu soucieux du développement local, des droits fondamentaux ou d’environnement

 

 Ainsi, des associations comme les Amis de la Terre ou Survie se sont désormais fixé pour objectif de montrer que l’extraterritorialité dans laquelle agissent les agents privés n’est pas la garantie systématique de l’impunité .

 

 Les Amis de la terre se sont constitués partie civile en mars 2002 dans une action  jusque-là restée sans suite devant la justice française, intentée par des villageois camerounais contre Rougier, pour destruction de biens appartenant à autrui, faux et usage de faux, escroquerie, recel, corruption de fonctionnaire  .

 

 Aussi l’AFD affiche-t-elle sa volonté de soutenir les bonnes pratiques . M. Mbembé souligne le paradoxe  de cette situation . Au moment où se produit un désengagement relatif des entreprises françaises, leur action dans les pays hôtes est de plus en plus vue comme du pillage. 

 

Les entreprises ne peuvent plus se contenter de créer un îlot de prospérité dans un océan de misère », selon l’expression de M. Henri-Bernard Solignac- Lecomte, économiste au centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques, OCDE, par l’édification d’installations maison, école maison, hôpital maison,

 

 Il faut aller plus loin, contribuer à l’amélioration durable du tissu économique ou social local, en soutenant la création de PME, par exemple.

 

 Cela implique de repenser certaines pratiques. Ainsi, estime M. Marc Vézina, de l’association ps-Eau, « dans les petites villes et les villages, on pourrait très bien confier l’exploitation de l’eau communale à des opérateurs privés locaux, plutôt que de signer de gros contrats avec des groupes comme Veolia ou Saur .

 

 Mais, ajoute-t-il, entre les contrats d’affermage à la française et le régulateur à l’anglaise – imposés par la Banque mondiale, il est bien difficile pour les Africains de trouver leur place .

 

 Dans le secteur du bois, les pays producteurs manifestent également des exigences industrielles et fiscales croissantes afin de mieux servir le développement de leur pays.

 

 La transformation locale atteint désormais 40 à 100 % de la production de grumes, selon les essences et les pays. Et dans le bassin du Congo, indique M. Rougier,  la fiscalité a été multipliée par deux ou trois depuis cinq ans.

 

La baisse tendancielle du nombre d’expatriés depuis vingt ans ouvre un espace à la promotion des cadres africains  moins de 200 expatriés pour CFAO , sur un effectif de 10 300 personnes, contre un millier dans les années 1980 ,  une vingtaine à la Compagnie fruitière , sur 15 000 , 60 pour 2 000 emplois directs chez Rougier  381 expatriés chez Bolloré sur 28 868 employés , permanents et temporaires.

 

 L’hexagone dispose d’un atout humain précieux mis en valeur par M. Didier Acouetey, fondateur et dirigeant d’AfricSearch, le premier cabinet de recrutement dédié à l’Afrique . Des cadres d’origine africaine formés en France en nombre croissant, soucieux d’œuvrer de manière concrète au développement de l’Afrique

Cependant, la disparité des traitements entre expatriés et recrutés locaux continue de choquer. Dixit un cadre supérieur ivoirien de Bouygues . En général, le problème, c’est le pourcentage de la masse salariale française par rapport à la masse salariale totale , mais cela reste un sujet tabou.  Et pourtant..

 

 La nationalité des cadres n’est pas neutre sur la répartition des profits entre la maison mère et la filiale , témoigne un ancien cadre de la Banque mondiale. Mais ce sujet techniquement compliqué et politiquement sensible  n’a jamais été « abordé de front .

 

 Dans certains pays, comme le Gabon, relève la Cnuced, les rapatriements de bénéfices dépassent, certaines années, les entrées de capitaux étrangers . En 2003, Libreville a cumulé 87,7 millions d’euros d’IDE pour des bénéfices rapatriés de 526 millions d’euros .

 

C’est dire que le continent reste, dans certains secteurs, une terre attrayante. La rentabilité serait de 5 % seulement dans l’eau potable et l’assainissement, autrefois très profitables, mais de 13 à 15 % dans l’électricité et de 20 à 25 % dans les télécommunications  .

 

 Entreprise vieille de vingt ans détenue à 42 % par France Télécom depuis 1997 et à 27 % par le gouvernement sénégalais, Sonatel représente la première capitalisation boursière sur la place régionale de Dakar avec un doublement de son cours de Bourse, ces dix-huit derniers mois, et le premier contributeur fiscal du Sénégal. Son chiffre d’affaires a bondi de 30 % en 2004, à 400 millions d’euros, avec un résultat net de 100 millions d’euros.

 

En Côte d’Ivoire, malgré la destruction de onze de ses treize agences d’Abidjan en novembre 2004, Orange a continué à gagner de l’argent, grâce à une augmentation du parc de téléphones mobiles de 40 % en 2004.

 

 Aussi le directeur des opérations internationales de France Télécom et président de Sonatel, M. Marc Rennard, voit-il dans l’Afrique une des zones au monde qui offrent le plus grand potentiel de croissance » en raison de son faible niveau d’équipement et de sa faible industrialisation.

 

 Alcatel profite également de l’expansion du secteur, et, comme d’autres, aura affaire à forte partie  le groupe chinois mi-privé mi-public ZTE, déjà présent dans quatorze pays africains, et dont l’ambition n’est rien de moins que de devenir  le premier fournisseur d’équipements de télécommunication du continent .

 

Président de CFAO, M. Alain Viry souligne la facilité d’implantation sur le continent : « Il n’existe aucun obstacle réglementaire à la création d’une entreprise par des capitaux étrangers, ni de limite aux investissements par des non-résidents, sauf dans la partie méditerranéenne du continent. 

 

 Mais, pour tirer leur épingle du jeu, les groupes doivent revoir leur stratégie. L’invocation du risque, réel ou fantasmé, n’est pas sans avantage, Il faut l’accepter et obtenir, en contrepartie, une meilleure rentabilité , assume M. Francis Rougier, président du directoire de Rougier SA. En outre, subtilement, la présence en Afrique permet d’être invité au tour de table du développement durable et de communiquer sur le sujet , note un observateur sans illusions...

 

Certains groupes français ont ainsi su adapter leur périmètre d’activités. Passer du métier de transitaire à celui de logisticien axé sur la manutention et la gestion de terminaux portuaires, telle est l’ambition affichée par Bolloré, qui vient de céder ses navires , Delmas et conteneurs en propriété à CMA-CGM.

 

 Le premier employeur français du continent , dont un gros effectif temporaire tire ainsi parti du constat dressé par un ancien du groupe . L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers. Donc, qui tient les grues tient le continent .

 

Cette vente est la dernière d’une longue liste, commencée en 2001 avec la cession de la filière tabac et poursuivie en 2004 avec celle des activités non stratégiques  de négoce de cacao et café en Côte d’Ivoire, et d’exploitation forestière au Cameroun.

 

 Après de multiples cessions cuirs et peaux, vin, grande distribution, la centenaire CFAO occupe désormais des niches, étroites mais lucratives, dans la distribution automobile et la pharmacie.

 

 En 2005, son chiffre d’affaires devrait dépasser 2 milliards d’euros au terme d’un triplement ces dix dernières années. Au total, l’écrasante majorité des membres du CIAN est bénéficiaire, quoique avec des variations parfois sensibles.

 

Si quelques groupes français tirent leur épingle de la nouvelle donne africaine, seule une nouvelle vision politique permettrait de relancer l’attrait économique pour le continent et de solder les comptes de la Françafrique.

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