A
l’heure d'une internationalisation de la communication et des intérêts qui
en découlent, aucune nation, aucun peuple, aucune communauté
ne peut être réduit au silence sous peine d’en subir le verdict irrémédiable
de la disparition.
A
radio,SUN.FM,
on a bien compris, c’est pourquoi le décor est planté.
Cette
rubrique doit être assumée avec courage et passion en y ajoutant le talent,
l’imagination et le panache nécessaire.
Il
y a donc lieu de garder le cap avec une ferme détermination.
Une
ferme détermination, en effet, voilà deux ans que je pénètre dans tous les
foyers africains, caribéens, guyanais, réunionnais,
avec intérêt, par effraction librement.
Chacun
y a été de son commentaire.
On
a dit qu’il va dire ce qu’on a entendu, qu’il n’a jamais dit, sauf l’essentiel…
Ma
mission se situera toujours au-dessus de la mêlée dès lors qu’il s’agit de ne pas chercher à plaire ou déplaire, mais de
forcer la réflexion pour ou contre, le débat
demeure ouvert.
Certains
ont été dérangés, rien de nouveau sous le soleil, Frantz
FANON a déjà examiné ce type de comportement dans son essai, peau
noire et masque blanc.
D’autres
ont applaudi des deux mains comme des nègres, dont il sera question plus loin.
Pendant
ces deux années, ma réflexion a porté entre autres sur quatre points.
1)Le sort du
continent africain
A
nouveau j’en réfère à la pensée de l’illustre FANON,...
l’Indépendance ne s’octroie pas, elle s’arrache.
Tel
n’a pas été le cas, et l’Afrique,
berceau de l’Humanité, en paie les conséquences, au prix fort..
Il
eut été préférable que ce continent soit embrasé par une guerre révolutionnaire
totale au nom de sa liberté et de son unité.
Elle
aurait ainsi été débarrassée des tares actuelles d’un système de domination
que sont notamment l’aide au Tiers monde, la francophonie et j’en passe…
2)
La situation de la Réunion
Cinquante
ans après la loi du 19 mars 1946 qui a bel et
bien piégé des peuples, avec un taux aussi élevé de bénéficiaires du revenu
minimum d’insertion concernant ce pays, je suis étonné que les réunionnais
considèrent qu’ils ont le même statut social que le
parisien ou le nantais, à travers ce qu’ils désignent par le vocable
de mobilité et qui n’est
ni plus ni moins qu’une forme avancée d’aliénation.
Un peuple doit toujours avoir un minimum de dignité... en vérité.
3) La position
de la
Guyane
Avec
Ariane et les énormes profits qui sont rapportés aux européens, nous avons
en cette fin de 20e siècle, le type même de l’exploitation coloniale.
A
la Guyane, avec les affres de la tutelle et de la domination étrangère, la
pollution et l’environnement dégradé, les générations futures nous enverront
leurs doléances outre tombe.
4°) L’avenir
de la Caraïbe
En
particulier, la Guadeloupe
et la Martinique,
qui font partie intégrante du bassin caribéen.
Nous
tombons là dans le flou artistique le plus total, mêlé des contradictions
les plus extravagantes.
Un élément tout de même quand il est question de souveraineté que nous cessions
de comparer notre situation à celle de la République de
Haïti.
Haïti fut la première nation nègre à arracher de haute lutte son indépendance en 1804, et les blancs, en particulier la France
et les U.S.A.,
ont tout fait pour barrer la route à cette jeune République, et que son échec
ait une influence sur l’ensemble du
Monde Noir.
Cette
mise au point étant faite, nous sommes de plus en plus nombreux et je suis
de ceux-là, de penser qu’à la Guadeloupe et à la Martinique,
il y a des femmes et des hommes compétents, dans
tous les domaines, capables d’arrêter et d’assumer des
choix susceptibles de garantir un avenir harmonieux pour nos jeunes
nations. Les exemples sont légions. Il nous manque la volonté politique collective, mais là c’est un autre paramètre.
Quant à moi, hier, aujourd’hui, demain, en Europe ou ailleurs, un jour sans doute,
toute démarche associative a toujours été liée à un objectif
politico-culturel au service de mon peuple et de ma race.
Ce
qui m’autorise à parler haut et fort en ce jour de réhabilitation.
...Dis
mon oncle, à la récréation, un élève m’a dit, je cite :
« tes
parents sont des nègres, c’est pourquoi on ne
te fréquente pas. Qu’est-ce qu’un nègre ? » fin de citation.
Grave
question… question essentielle en effet au titre de laquelle il ne faut point
apporter une réponse du style… les enfants ne sont pas racistes… C’est faux,
ils ne naissent pas racistes mais au contact de leurs parents,
ils le deviennent.
Le
gamin qui pose une telle question est déjà psychologiquement placé dans une position d’infériorité.
Il
convient donc de lui parler vrai pour l’avenir.
Je lui narrai donc l’affaire ci-après.
Voilà
quelques années, j’eus un accrochage avec ma hiérarchie professionnelle. « Vous
ne ferez pas n’importe quoi avec un nègre », ai-je
dis à mon interlocuteur, qui fut surpris par
ma réplique. « Vous me vexez, monsieur, vous n’êtes pas un nègre. »
L’intéressé
avait sans nul doute en tête, tous les clichés et toutes les définitions du
Larousse sur les personnes de ma race. Je vous invite à vous y référer en
analysant utilement des expressions telles que nègre, négresse, négrillon,
noir, blanc, édifiant n’est-ce pas ?
A
la fin de sa diatribe, tout juste s’il ne me délivra un certificat d’européanité en fonction de mes caractéristiques spécifiques,
et surtout de ses propres critères.
J’avais
compris, 5 sur 5, et c’en était trop. Alors j’entrepris une opération en règle,
une démonstration fracassante consistant à mettre les choses à plat, à démasquer
l’Histoire habillée par l’homme blanc, en l’occurrence le Français, mieux
vaut être précis, et se débarrasser de tout souci de convenance.
Une
histoire, disais-je, gommée de son contenu le plus barbare, au regard de mon
peuple aliéné, soumis, de ma race humiliée, asservie par la France, entre
autre puissance impérialiste, colonisatrice, raciste qui se présente en cette
fin du 20e siècle comme la nation des droits de l’Homme (voir à ce sujet Les caprices
d’un fleuve). Bref, une magistrale escroquerie intellectuelle, un hold-up
sur les consciences à l’échelon de notre Humanité, mais qui demeure néanmoins
un discours pour gogos de toute nature, dont ne se laissent abuser, que celles
et ceux, qui ne prennent ni la peine, le temps de chercher, de comprendre,
d’analyser, de réfléchir.
A
la fin de mon bref exposé, j’avais traversé plusieurs siècles d’Histoire,
étayant mon argumentation de faits indiscutables, de dates précises, de cas
de figure, de tableaux incontournables.
Mon
interlocuteur fut mis "K.O". debout, pantois, admiratif, mais pas
convaincu, sous réserve d’inventaire, parce que ce n’était pas cette histoire
là, que l’on lui avait inculquée durant ses années d’études universitaires.
« Monsieur,
c’est parce que je suis un nègre, et donc conscient de nos valeurs, que j’ai
mis les choses au point. »
« Mais
où est la différence ? » me rétorqua-t-il.
....Très
simple, dis-je, un négrillon aurait accepté vos
propos en rasant les murs. Chez nous ce sont des nègres blancs qui ont une
façon particulière, voire singulière, de se comporter vis-à-vis de leur sœur
ou frère de race. Ainsi va le monde..., petit,
ce n’est ni la peau, ni le sexe qui fait la valeur d’un humain, mais sa capacité
à être lui-même en toutes circonstances. Si tu ne défends
pas ta race, ce n’est pas l’homme blanc qui le fera à ta place. Mon petit
que tu apprennes très tôt à détourner les faits et les circonstances en ta
faveur.
Ecoute
cela… Nous sommes en décembre 1805 au soir de
la bataille d’Austerlitz, Napoléon 1er, pour les puristes, je précise
bien Napoléon 1er, pour mieux situer ce personnage ayant été dénommé
Bonaparte, puis Napoléon Bonaparte et enfin l’empereur Napoléon 1er,
un personnage qui a rétabli l’Esclavage dans nos pays en 1802 pour la petite
histoire… Napoléon 1er, disais-je, s’adressant à ses troupes tint
ce langage :
« Soldats,
en un temps record, vous venez de triompher de cinq armées ennemies. En ce
jour, vous avez couvert vos noms de gloire immortelle, et quand vous reviendrez
sur le sol de France, il vous suffira de dire, j’étais à Austerlitz, pour
qu’on dise de vous"c’est un brave". »
Et
bien moi, ton oncle, VAC,
je te dis, demain en toutes circonstances, tu devras te comporter comme un
nègre, et dire que tu es un nègre, pour qu’on dise de toi, c’est un homme.
C’est cela la réhabilitation en marche.