L'Union Caribéenne

Dans le numéro 12 de CARIB'IN, revue caribéenne, y figure une déclaration que j'ai pour ma part, qualifiée de très interessante.

Je cite…

"La Martinique la Guadeloupe… et la Guyanne, sont les points de réunion entre deux continents : le continent caribéen et le continent européen…"

fin de citation, je vous fais grâce du reste…

Une telle déclaration émane de Monsieur J.J.P., l'actuel ministre de l'outre mer, du gouvernement de Monsieur J.

Bien évidemment, elle a été qualifiée d'importante, certes, mais je m'empresse de souligner qu'une telle déclaration ne revêt pas la même signification pour les acteurs.

En effet, il s'agit pour le ministre français de voir assurer par le maintien d'une tutelle sur les peuples de :

une hégémonie même partielle de la France, en Caraïbe, et en Amérique du Sud, pour l'exportation de ses produits notamment, une part de marché que personne ne dédaigne...

Il en va tout autrement pour votre serviteur qui est comme vous le savez, un partisan sans réserve, du droit des peuples et de la cause de la Caraïbe.

Cependant, il y a lieu de prendre acte dans l'immédiat que le fait carïbéen est devenu une réalité incontournable sur l'échiquier de la diplomatie internationale.

Mais avant de poursuivre, qu'il me soit permis dans ce contexte, de porter un discrédit total sur l'utilisation de certains mots, tels que :

Pour d'autres, je décèle des signes d'assimilation et d'intégration, trop poussés, et qui se traduit par l'aliénation culturelle, et l'abandon de toute forme de souveraineté pour leurs pays respectifs d'origine.

Face à tout cet imbroglio, je propose à mes compatriotes de la Martinique et de la Guadeloupe, une utilisation systématique des expressions :

Il faut aller de l'avant avec courage et détermination,

alors oui à l'Union Caribéenne.

Réunis à Cartagéna (Colombie) le 24 juillet 1994, une trentaine de pays ont arrêté les bases de l'Association des Etats de la Caraibe, l'A.E.C.

Bien évidemment, la Guadeloupe et la Martinique étaient invitées à cet événement historique.

La France aussi était présente par l'intermédiaire de madame M.C. venue faire obstruction, sur ordre du Quai d'Orsay, dirigé alors par un certain A.J., s'exprimant pour autrui avec gêne, au milieu de partenaires, dignes représentants d'Etats souverains.

Qu'importe, le train est bien lancé.

Mais au fait, qu'est-ce que la Caraïbe.

C'est tout d'abord un formidable carrefour humain, traversé par trois courants d'expression que sont :

La Caraïbe c'est encore plus de 260000km2 de surface vivable, où des femmes et des hommes, ayant une Histoire, une racine commune, ont tout intérêt à unir leur destin, pour exploiter les richesses immenses dont la nature les a dotés.

Certes, l'aventure ne sera pas facile, mais qui a prétendu le contraire, le traité de Rome créant la Communauté Economique Européenne a vu le jour le 25 mars 1957. Or plus de 38 ans après, nous en sommes loin du compte.

En la matière, il va donc falloir procéder par étape :

De l'Union Caribéenne, à la République de la Caraïbe, étape décisive, on y arrivera, car c'est une exigence des temps et de l'intelligence.

Mais quel sera le destin de la Guadeloupe et la Martinique dans tout ce chambardement .

Je le dis avec beaucoup d'amertume - en l'état des choses - mes compatriotes, martiniquais et guadeloupéens ne sont pas en mesure de prendre toute leur place sur la route qui doit nous mener à la souveraineté des peuples concernés.

Les causes, nous les avons largement évoquées...

Pris par le ventre, arrosés par un niveau de vie artificiel, englués dans un speudo processus d'assimilation et d'intégration, incapables de saisir la moindre velléité d'indépendance et de liberté collective.

Bref, le système colonialiste a bien verrouillé le dispositif, dans l'immédiat, mais les choses ne pourront demeurer en l'état, définitivement.

Les mentalités évolueront, c'est dans l'ordre normal des événements humains, j'en aperçois les prémices, mais quand viendra le moment décisif, il y aura place alors pour deux scénarios seulement.

Tenant compte des circonstances, l'Etat français, acceptant le principe "du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes", organise un référendum, permettant aux seuls peuples de la Guadeloupe et de la Martinique de se prononcer librement sur leur destin, comme l'exemple canadien du 30 octobre dernier.

Ou bien suivant sa logique impérialiste et colonialiste de la République, "une et indivisible", la France réprimera dans le sang, cette volonté de liberté et d'indépendance.

Embarquée en terre caribéenne dans un processus de guerre coloniale, cette nation serait lourdement et unanimement condamnée par l'opinion publique internationale…

Quant à moi, chacun aura compris que j'ai pris date pour la naissance de la

République de la Caraïbe

Merci et au mois prochain…

Vive la Caraïbe libre