1) La
conquête de la Guadeloupe
1635 : Occupation de la Guadeloupe par la France
De
1635 à 1674, la Guadeloupe
sera régie par trois compagnies françaises successives : la Compagnie
Saint-Christophe, la Compagnie des Iles d’Amérique et la Compagnie des Indes
Occidentales.
Au
moment du débarquement français dirigé par les chevaliers d’Esnambuc et de
l’Olive, la population caraïbe compte alors 25.000 habitants.
De
l’Olive entreprend le massacre des indigènes. Il fait embarquer sur une chaloupe
le chef de village Yance, deux de ses fils et Martinet, fils d’un chef Caraïbe
nommé Baron : de l’Olive poignarde un des fils Yance dont le corps est
jeté à la mer. Le père subit le même sort mais surnageant, est achevé à coups
d’aviron. Martinet s’évade.
A la suite de ces violences, les Caraïbes tendent des embuscades aux chasseurs
isolés. Dans l’ignorance des armes à feu, ils attendent que le chasseur décharge
son arme sur le gibier pour l’attaquer et l’assommer à coups de boutou (massue
en bois très dur, présentant des arêtes vives).
Une
soixantaine de comparses de de l’Olive sont ainsi exécutés.
A
partir de ce moment, les blancs se déplacent en deux groupes, l’un chassant,
l’autre en couverture. Malgré ces précautions, les isolés, les traînards sont
abattus.
Des
attaques surprises ont lieu avec l’aide des Caraïbes des îles avoisinantes.
A cette époque, déjà, les combattants caraïbes ne laissent ni leurs blessés
ni leurs morts sur le terrain.
Malgré
ces crimes et peut-être à cause de ceux-ci, de l’Office est confirmé gouverneur
de la Guadeloupe par Richelieu, grâce aux Pères Pélican et Carré, le 2 décembre
1637.
En
février 1640, des renforts arrivent de l’île
de Saint-Christophe. Les Caraïbes sont battus mais s’acharnent
avec un grand courage contre une redoute de Caspeterre trente heures durant
avant de se retirer à Antigue et d’attaquer à nouveau, mais en vain, leur
patrie usurpée.
Septembre
1643 : Houël du Petit Pré est nommé gouverneur.
La
Compagnie des Iles ayant pris la succession de la Compagnie Saint-Christophe
se trouve ruinée à la suite de divers désastres et acculée à vendre ses privilèges
à des particuliers, la Compagnie, en l’occurrence la Guadeloupe, l’île est
achetée par de Boisseret, beau-frère de Houël, pour la somme de 60.000 livres
au comptant et 600 livres de sucre à livrer chaque année à la Compagnie. Le
règne des seigneurs féodaux commence avec ces deux propriétaires.