Les premières traces certaines de l’esclavage sont attestées par des tablettes
sumériennes, et il semble que l’Égypte pharaonique connut précocement le travail service.
De nature économique lors des crises foncières (l’Esclavage pour dette ne fut aboli par Solon qu’en 594 avant J.-C.) ou de
nature plus spécifiquement sociale (lié alors à la domination d’un groupe
restreint de soldats sur une population agricole comme ce fut le cas pour
les pilotes à Sparte), l’Esclavage classique
antique, appelé « esclavage cheptel », se nourrit de la guerre entre
cités ou contre les Barbares. Pourtant l’Esclavage n’occupa en Grèce qu’une place marginale.
Avec le développement en Italie, à partir du IIe siècle avant J.-C., des grands
latifundia, l’Esclavage rural se développa
à nouveau. À plusieurs reprises, les esclaves se révoltèrent, donnant lieu
aux « guerres serviles » de 135-133 et de 112-105 avant J.-C. en
Sicile, puis de 73-71 avant J.-C. : au cours de cette dernière rébellion,
Spartacus, ayant pris la tête de soixante-dix mille esclaves, marcha sur Rome
et résista vaillamment aux armées romaines avant d’être défait.
Jusqu’au XVe siècle, la société médiévale a connu l’Esclavage. L’Esclavage rural se maintint du Ve au VIIIe siècle, parfois plus tard. L’Esclavage a été le fait de civilisations très différentes. Sa limitation en Occident à partir du haut Moyen Âge résulte de l’influence croissante du christianisme : l’Église ne s’éleva que fort tard contre la servitude elle-même, mais elle n’en faisait pas moins de la libération des esclaves une œuvre pie.
L’Esclavage fut réintroduit après la découverte du Nouveau Monde. Le mouvement abolitionniste
anglo-saxon, d’inspiration religieuse, et les thèses des philosophes français
des Lumières, puis la prise de conscience de la supériorité économique du
salariat sur la servilité conduisirent, au XIXe siècle, à la libération générale
des esclaves.