La traite des Noirs

À partir du XVIe siècle, la demande importante de main-d'oeuvre en Amérique fait du commerce des esclaves en Afrique de l'Ouest une affaire florissante.

Les mines d'argent en Amérique du Sud, les plantations de café au Brésil ou les champs de canne à sucre à la Caraïbe requièrent une main-d'oeuvre toujours plus abondante.

Or, les populations indigènes d'Amérique diminuent et ne peuvent répondre à cette demande. Un commerce triangulaire est donc instauré : les européens se procurent des esclaves en Afrique contre des marchandises, puis les vendent en Amérique contre des produits tropicaux qutils revendent en Europe.

Ce commerce triangulaire est très lucratif en France, il fait la fortune des ports de la façade Atlantique, comme Nantes, Bordeaux et La Rochelle.

La richesse et l'activité créées par ce commerce stimulent l'économie européenne, au point qu'on estime qu'il a sans doute joué un rôle décisif dans la naissance de la révolution industrielle.

Mais le prix payé par des millions d'Africains enchaînés - peut-être 10 millions au cours des siècles - est exorbitant : ils subissent la longue traversée de l'Atlantique dans des conditions d'entassement et d'insalubrité telles que le taux de mortalité est effrayant.

Ceux qui survivent à la traversée et débarquent dans le Nouveau Monde ne sont plus que les outils d’un vaste système de production : travail à la peine dans les champs ou dans les mines, enfermement le soir pour empêcher toute fuite ou toute éventuelle rébellion contre leurs maîtres et surveillants.

Leur nombre même - dans certaines îles de la Caraïbe les esclaves forment jusqu'à 90% de la population - incite leurs propriétaires à les soumettre à une discipline brutale. Quant à la différence de couleur de peau, elle conforte psychologiquement les " maîtres " dans le traitement et les sévices qu'ils font subir aux esclaves comme si les Noirs n'étaient pas des êtres humains à part entière.

Les esclaves qui sont utilisés comme domestiques sont mieux traités que ceux qui sont asservis aux travaux des champs. Mais la loi du " bon " maître repose toujours sur la force. Les esclaves ne peuvent s'exprimer face à l'arbitraire que par la révolte ou la fuite.

C'est pourquoi Colbert, en France, par une ordonnance de 1685 dit "Code noir " précise le statut civil des esclaves noirs, tout en leur déniant tout statut politique ou juridique, car l'esclave est un bien qui peut être vendu et échangé.

Reconnaissant dans les esclaves des créatures de Dieu, il autorise les intendants à les protéger contre l'arbitraire des propriétaires.