La réduction d'un être humain à l'état " d'outil animé " selon la définition d'Aristote de l'esclave, n'a jamais été de soi. La littérature qui décrit les esclaves comme des êtres incultes, incapables, sauvages, voleurs, débauchés, dangereux, etc., est fort abondante tant dans l'antiquité que dans la période moderne.
Elle n'avait qu'un seul but, celui de justifier l'inqualifiable commerce, de donner des fondements moraux à " l'institution particulière " selon l'euphémisme utilisé dans les Etats sudistes pour désigner l'Esclavage.
Aux U.S.A., les esclavagistes iront plus loin que la calomnie, ils construiront un véritable système philosophique du racisme dont l'élaboration prendra appui sur la Bible (malédiction de Cham par Noé dans le livre de la genèse), sur une vision apocalyptique de l'Afrique, sauvage et cannibale, et sur la recherche frénétique dans une science biologique balbutiante des différences de nature entre Blancs et Noirs en vue d'établir une altérité irréductible des Noirs.
L'idéologie raciste américaine
peut se résumer ainsi : (Philippe Paraire, in " Les Noirs américains
",
" - Il existe à l'intérieur de la race humaine des différences
de nature ; ces distinctions physiques, intellectuelles et de tempérament
ont un caractère irréductible, précisément parce
qu'elles sont de nature biologique. Elles sont le produit d'une adaptation inégalement
réussie au milieu. L'infériorité des Noirs constitue l'une
de ces différences
- Pour des raisons de préservation des qualités biologiques acquises par les races supérieures, le métissage est à proscrire. Il est nocif biologiquement et totalement improductif : le produit du métissage est un être dégradé plus marqué par l'élément inférieur du mélange, comme le prouve la domination des caractères ethniques négroïdes qui l'emportent sur le caractère blanc.
- L'avenir des Noirs est donc la subordination et l'exclusion de la communauté raciale blanche, qui doit préserver son homogénéité. "
Cette idéologie raciste justifiera l'Esclavage puis le système ségrégationniste américain qui durera un siècle et s'achèvera par la victoire du mouvement des droits civiques et la promulgation en 1964-1965 du Civic Right Act impulsé par le président Lyndon Johnson. Cette loi exclut définitivement toutes les discriminations de caractère racial.
Mais cette idéologie en phase avec la constitution d'empires coloniaux par les puissances européennes, s'étendra à bien d'autres pays (Afrique du Sud, Allemagne hitlérienne, etc.) et n'est pas complètement morte. Elle réapparaît encore aujourd'hui dans des discours d'hommes politiques, y compris en France.
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